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La RDC parmi les pays où sévit encore la lèpre

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La RDC parmi les pays où sévit encore la lèpre

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Par N.T.

La communauté internationale a célébré le dimanche 25 janvier la journée mondiale de lutte contre la lèpre. «La lèpre est une maladie évitable et elle se soigne. La détection précoce et le traitement rapide de la lèpre sont essentiels pour prévenir les infirmités et arrêter la transmission de la maladie», a écrit samedi le bureau régional de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique sur son compte X.

La lèpre est une maladie tropicale négligée (MTN) encore présente dans plus de 120 pays, et dont environ 200 000 nouveaux cas sont notifiés chaque année. L’élimination de la lèpre en tant que problème de santé publique (c’est-à-dire l’obtention d’une prévalence inférieure à 1 cas pour 10 000 habitants, conformément à la résolution WHA44.9 de l’Assemblée mondiale de la Santé) a été accomplie à l’échelle mondiale en 2000, puis au niveau national dans la plupart des pays en 2010.

La régression du nombre de nouveaux cas a été progressive. Selon des données de 2023, le nombre de nouveaux cas signalés est resté supérieur à 10 000 au Brésil, en Inde et en Indonésie, tandis qu’il était compris entre 1000 et 10 000 dans 12 autres pays (Bangladesh, Éthiopie, Madagascar, Mozambique, Myanmar, Népal, Nigéria, Philippines, République Démocratique du Congo, République-Unie de Tanzanie, Somalie et Sri Lanka). Cinquante-six pays ont notifié 0 cas et 112 pays ont signalé moins de 1000 nouveaux cas.

Que ce qu’est la lèpre?

La lèpre est une maladie infectieuse chronique causée par le bacille Mycobacterium leprae, un type de bactérie. Elle touche principalement la peau et les nerfs périphériques. En l’absence de traitement, elle peut entraîner des incapacités progressives et permanentes.

Le bacille se transmet par des gouttelettes provenant du nez et de la bouche lors de contacts étroits et fréquents avec des cas non traités. Une polychimiothérapie permet de guérir la lèpre.

Des cas de lèpre sont notifiés dans les six Régions de l’OMS ; la majorité des nouveaux cas détectés chaque année surviennent dans la Région de l’Asie du Sud-Est. La lèpre se manifeste par des lésions de la peau, des nerfs périphériques, de la muqueuse des voies respiratoires supérieures ainsi que des yeux. Les personnes touchées par la lèpre sont atteintes de difformités physiques et sont également confrontées à la stigmatisation et à la discrimination. Cependant, la lèpre est curable et le traitement à un stade précoce permet d’éviter les incapacités.

Le diagnostic de la lèpre est clinique. Des examens de laboratoire peuvent être nécessaires dans les cas difficiles à diagnostiquer.

La maladie se manifeste généralement par une lésion cutanée et une atteinte des nerfs périphériques. Le diagnostic de la lèpre repose sur la présence d’au moins l’un des signes pathognomoniques suivants : perte manifeste de sensibilité sur une zone de la peau pâle (hypopigmentée) ou rougeâtre ; épaississement ou hypertrophie d’un nerf périphérique, accompagné d’une perte de sensibilité et/ou d’une faiblesse des muscles innervés ; détection au microscope de bacilles dans un frottis cutané.

Ces signes permettent de distinguer deux types de cas en vue de l’instauration d’un traitement : les cas paucibacillaires et les cas multibacillaires. Le cas paucibacillaire est un cas de lèpre où l’on retrouve 1 à 5 lésions cutanées, sans présence avérée de bacilles dans le frottis cutané.

Le cas multibacillaire est un cas de lèpre où l’on retrouve plus de cinq lésions cutanées ou une atteinte nerveuse (névrite seule ou névrite accompagnée de plusieurs lésions cutanées) ou bien la présence avérée de bacilles dans le frottis cutané, quel que soit le nombre de lésions cutanées.

Le traitement de la lèpre

La lèpre est une maladie curable. Le schéma thérapeutique actuellement recommandé est une polychimiothérapie qui comprend trois médicaments : la dapsone, la rifampicine et la clofazimine. L’OMS recommande le même schéma pour les cas paucibacillaires et multibacillaires, en suivant respectivement une durée de six mois et de 12 mois. La polychimiothérapie permet d’éliminer l’agent pathogène et de guérir le malade.

Un diagnostic précoce et l’instauration rapide du traitement peuvent aider à prévenir les incapacités. L’OMS assure la distribution gratuite de la polychimiothérapie. Le traitement était initialement financé par The Nippon Foundation (TNP) ; depuis 2000, il fait l’objet de dons de Novartis.