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13ème Conférence des gouverneurs : Félix Tshisekedi insiste sur la stabilité institutionnelle des provinces

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13ème Conférence des gouverneurs : Félix Tshisekedi insiste sur la stabilité institutionnelle des provinces

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Par Armando MANANASI

Le coup d’envoi de la 13ème Conférence des gouverneurs à Bandundu a été marqué par un appel pressant du Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, à la stabilité des institutions provinciales. Si la thématique officielle de la 13ème Conférence des gouverneurs porte sur la transformation agricole et le développement rural, le message politique du Chef de l’État a frappé au cœur du mal qui ronge la décentralisation congolaise, à savoir, l’instabilité chronique entre les exécutifs et les assemblées provinciales.

Devant les chefs des exécutifs des 26 provinces, le Président de la République a rappelé avec fermeté que la décentralisation n’a jamais eu pour vocation la transformation des provinces en arènes de confrontation permanente. Pour Félix Tshisekedi, ce système doit rapprocher l’État du citoyen et non substituer la bonne gouvernance à des logiques de blocage ou de captation des ressources.

 » Le contrôle parlementaire provincial est légitime et sain dans une démocratie. Mais, il ne peut devenir un instrument de chantage politique ni d’instabilité chronique « , a martelé le Chef de l’Etat devant les gouverneurs de provinces. Dans son discours, Félix Tshisekedi a fustigé le détournement des mécanismes de contrôle au profit d’agendas personnels, tout en épinglant, à l’inverse, l’opacité de certains exécutifs provinciaux qui s’exercent au mépris de la redevabilité.

L’instabilité politique, premier frein à l’agriculture

Faisant le pont avec le thème des assises, le Président de la République a souligné qu’aucune politique agricole sérieuse ne peut prospérer dans un environnement de crises répétées. Selon lui, les défis ne sont pas uniquement techniques ou financiers, mais résident aussi dans les faiblesses de gouvernance.

 » Aucun investisseur, aucun partenaire ne peut se projeter sereinement là où l’incertitude politique devient la règle « , a-t-il prévenu.
Pour le Président congolais, le développement rural durable est incompatible avec l’affrontement permanent et la politisation excessive des mécanismes de contrôle qui paralysent l’action publique depuis la promulgation de la Constitution de 2006.

Ce rappel à l’ordre intervient dans un contexte particulièrement tendu. On se rappellera que l’année dernière, le Vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, avait instruit les assemblées provinciales de suspendre les motions et pétitions en raison de la situation sécuritaire du pays. Malgré cette mesure, la vague de destitutions de gouverneurs et de présidents d’assemblées a continué de fragiliser l’équilibre institutionnel.

Le cri d’alarme contre la cyber-déstabilisation

En marge de ces débats sur la gouvernance classique, les gouverneurs réunis dans le chef-lieu de la province du Kwilu, ont plaidé pour un encadrement rigoureux des réseaux sociaux. Ils estiment que le système institutionnel provincial est désormais la cible directe d’une  » cyber-déstabilisation  » orchestrée par la désinformation et la manipulation numérique. Tout en réaffirmant leur attachement aux libertés publiques, les chefs des exécutifs sollicitent des mécanismes de lutte accrus contre la cybercriminalité, afin de consolider la stabilité de leurs entités.