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L’industrie musicale mondiale se porte mieux grâce au streaming

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L’industrie musicale mondiale se porte mieux grâce au streaming

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 Pour la première fois depuis 2002, les ventes dans le secteur de la musique sont en  hausse
dans le  monde, notamment grâce à l’essor de la musique en flux

Après quinze années de  marasme, l’embellie se confirme depuis deux ans. Grâce à l’explosion de la musique en flux, le fameux  streaming (+ 60,4 %) notamment dans des pays en développement comme la Chine, l’Inde ou encore le Mexique, et avec 112 millions d’abonnés payants dans le monde, les revenus du numérique représentent désormais la moitié du chiffre d’affaires mondial de la musique. Cet essor compense l’érosion inéluctable des téléchargements, mais surtout des supports physiques (– 7,6 %, à 5,4 milliards de dollars). Cela  même si les Compact Disc  restent encore particulièrement importants dans certains marchés majeurs comme l’Allemagne ou le Japon.
YouTube mauvais payeur ?

Ces chiffres ont de quoi redonner de l’espoir aux  patrons mondiaux de la musique. En effet, les « majors companies » redoutent  que cette dynamique de croissance soit bridée. Ils et n’ont jamais été aussi en colère  contre YouTube. Les majors accusent la filiale de Google de ne pas payer la musique à un juste  prix.

Le groupe américain s’abrite derrière son statut d’hébergeur pour assurer qu’il n’est pas responsable de la musique distribuée sur son site. YouTube, « qui a développé des plates-formes musicales à la demande sophistiquée utilise cette zone d’incertitude juridique comme bouclier pour éviter de négocier des licences avec les producteurs dans des conditions équitables », déplore notamment la Fédération internationale de l’industrie phonographique, en anglais International Federation of the Phonographic Industry (IFPI).

Par ailleurs, pour cet organisme syndical international, cela crée, une concurrence déloyale  pour d’autres  diffuseurs de musique en ligne tels Deezer Apple Music ou Spotify.

Les chiffres du Global Music Report sont sans équivoque. Si plus de 900 millions d’internautes dans le monde écoutent de la musique sur YouTube, l’entreprise n’a reversé aux ayants droit que 553 millions de dollars, issus de recettes publicitaires.

Or, avec une base d’abonnés bien plus réduite (272 millions), les autres plates-formes de streaming audio (payant et financé par la publicité) contribuent pour 3,9 milliards de dollars de licences à l’écosystème musical. Pour chacun de ses utilisateurs, Spotify a ainsi reversé 20 dollars aux maisons de disques en 2015, là où YouTube a consenti moins de 1 dollar.

La révolte des musiciens

Mais la révolte gronde chez les musiciens ainsi 2016, des artistes majeurs comme Katy Perry, Taylor Swift ou encore Carole King ont réclamé du Congrès américain la réforme du système de la loi Digital Millennium Copyright Act, qui permet à YouTube de payer aussi peu. De leur coté des musiciens comme Paul McCartney, David Guetta, Sting ou Coldplay ont demandé à l’Union Européenne  de faire de même.

Cependant sur ce dossier, le Vieux Continent est en avance. Ainsi, la Commission européenne a déjà reconnu que cette « distorsion de marché » nécessite une solution législative et a déjà proposé une réforme dans la révision de la directive des droits d’auteur, actuellement sur les bureaux du Parlement et du Conseil de l’Union européenne.

Pour assurer une croissance durable au secteur, certains professionnels parient sur l’innovation. Ils  évoquent notamment la réalité augmentée ou encore la technologie de commande vocale à partir des enceintes connectées pour développer l’audience du streaming. Tous pensent aussi qu’il est temps d’écouter de la musique non plus seulement sur un téléphone portable ou un ordinateur, mais de la faire revenir dans les salons ou encore dans les voitures.

Par Yves Mitondo

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