17 mai 1997- 17 mai 2017,L’AFDL de triste mémoire : 20 ans déjà !
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Sur les vingt ans, Joseph Kabila s’est tapé la part du lion en totalisant à ce jour 16 ans au pouvoir,
tandis que son géniteur n’a régné qu’un laps de temps, soit à peu près durant 4 ans
Dans deux jours exactement, l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) va souffler sur ses 20 bougies, même si sur le plan pratique cette coalition n’existe plus. Le Président Kabila qui en est une émanation s’est emparé du pouvoir il y a 16 ans, ayant succédé à son père Mzee Laurent Désiré Kabila assassiné dans son palais le 17 janvier 2016.
Si l’AFDL a eu le mérite d’avoir évincé du pouvoir le régime dictatorial fortement décrié de feu le maréchal Mobutu Sese Seko un certain 17mai 1997, le regroupement politique qu’accompagnait l’étiquette « libération du Congo», a complètement failli dans sa mission de libération du Congo. Car 20 années plus tard, le Congo sombre à nouveau dans la dictature et attend à nouveau d’être libéré.
En effet 20 ans après, l’ex- Zaïre laissé par Mobutu et qui est redevenu Congo démocratique souffre encore des affres d’occupation étrangère sur son sol. Au Nord- Kivu comme au Sud-Kivu, des groupes armés étrangers qui y ont élu domicile ne cessent d’inquiéter les populations locales jusqu’à y installer une administration parallèle.
Massacres des populations, viol des femmes, vol du bétail, confiscation de certains biens, arrestations arbitraires, enrôlement des enfants-soldats et privation des libertés, la liste des maux n’est pas exhaustive, constituent le lot quotidien des populations locales. De quoi se demander alors qu’est ce que l’AFDL a libéré au Congo ?
C’est qui a fait dire au président Laurent-Désiré Kabila peu avant son assassinat que l’AFDL n’était qu’un « conglomérat d’aventuriers ». L’histoire n’a pas tardé de lui donner raison au regard de tout ce que les anciens alliés de cette alliance, en l’occurrence le Rwanda et l’Ouganda ont fait au Congo notamment en déclenchant une deuxième guerre le 2 aout 1998.
Origines de l’AFDL
L’histoire retiendra que le 7 octobre 1996, le vice-gouverneur de la province du Kivu, à la suite du fait que les Banyamulenge devenaient de plus en plus armés et représentaient un danger, décréta que ces derniers n’étaient plus les bienvenus et qu’ils devaient quitter le pays. En réponse, les Banyamulenge menèrent un soulèvement armé contre le gouvernement local. C’était le début de la longue guerre entre les Forces Armées Zaïroises (FAZ) et le Front Patriotique Rwandais (FPR) qui opérait sous le nom de Banyamulenge et AFDL.
Car c’est le chef d’état major rwandais qui en sera le commandant des opérations et de l’assaut qui se préparait. C’est ainsi qu’au bout de compte, il y aura un échange d’obus entre les FAZ et le FPR stationnés sur les deux rives du lac Kivu. Ces événements sont désormais considérés comme les premiers engagements de la première guerre du Congo.
Apparemment sorti de nul part, Laurent –Désiré Kabila, un ancien rebelle marxiste qui, après avoir animé le maquis d’Hewa Bora à Fizi, avait passé la précédente décennie à vendre de l’or en Tanzanie, réapparut comme porte-parole de l’AFDL et leader de son ancien groupe, le Parti pour la Révolution du Peuple.
L’AFDL en ce temps-là comprenait aussi le Conseil National de la Résistance pour la Démocratie (CNRD) dirigé par André Kisasu Ngandu, le Mouvement Révolutionnaire pour la Libération du Zaïre dirigé par Anselme Masasu Nindanga, et l’Alliance démocratique des peuples de Déogratias Bugera. Il faut préciser que lorsque le Rwanda et l’Ouganda mettaient en place l’AFDL, Laurent-Désiré Kabila n’y était pas encore associé.
La partie congolaise était représentée par André Kisasu Ngandu, comme leader du groupe, Masasu Nindanga et Déogratias Bugera qui représentaient les intérêts des Banyamulenge. Et Laurent-Désiré Kabila, pour sa verve oratoire ne va rejoindre l’Alliance que plus tard, comme porte-parole.
Les premières actions de l’AFDL furent de prendre les villes proches des frontières orientales et de disperser les camps des réfugiés qui offraient un refuge facile aux militants des forces Hutu du RDR, ce qui fut dénoncé par les organisations humanitaires. Une fois les Kivu acquis, le reste de la guerre fut essentiellement une longue marche de l’AFDL et de ses alliés à travers le pays jusqu’à Kinshasa.
La population, lassée par le régime de Mobutu Sese Seko, accueillit généralement favorablement les conquérants. Les soldats de l’armée zairoise prirent la fuite, se rendirent sans combattre ou rejoignirent les insurgés. Le 17 mai 1997, après une dernière médiation avortée entre Mobutu et Kabila en compagnie de Nelson Mandela, l’AFDL atteignit le quartier Masina à Kinshasa et Kabila s’autoproclama président de la République démocratique du Congo. Peu de temps après, le président auto-proclamé se brouilla avec ceux qui l’avaient aidé à accéder au pouvoir.
Dans ce contexte de crise, que Laurent-Désiré Kabila sera assassiné le 16 janvier 2001 au Palais de Marbre où il résidait, dans des circonstances restées floues jusqu’à ce jour.
Sa succession sera assurée par Joseph Kabila, dont le règne à la tête de la RDC dure maintenant plus de 16 ans.
Par GO






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