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57ème anniversaire de l’indépendance de la RDC : Le 30 juin approche, psychose à Kinshasa

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57ème anniversaire de l’indépendance de la RDC : Le 30 juin approche, psychose à Kinshasa

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Fouilles systématiques des véhicules, plusieurs barrières à travers la ville, présence militaire inhabituelle… la peur s’installe dans la capitale

Dans trois jours, la République démocratique du Congo célèbre le 57ème anniversaire de son accession à la souveraineté aussi bien nationale qu’internationale. Il s’agit de l’évènement le plus important de l’histoire politique du pays, généralement fêté avec faste à Kinshasa et en provinces.

Cette année, les préparatifs ne sont pas aussi visibles que les années précédentes. Aucun décor n’est jusque-là planté dans un endroit pour annoncer cette grande manifestation. Le silence est total du côté des organisateurs habituels.
En lieu et place d’une ambiance festive, les Kinois sont au contraire dans une psychose généralisée. La peur gagne la population à cause de la présence inhabituelle des hommes en uniforme à travers la ville. Comme si ça sentait mauvais !

Depuis quelques semaines, plusieurs artères de la ville sont barricadées la nuit. Des contrôles systématiques de véhicules sont opérés par des policiers et des militaires. Voitures fouillées de fond en comble, identités exigées, voilà l’exercice auquel sont soumis des Congolais de Kinshasa qui ont l’habitude de circuler après 21h00.

Sur le boulevard du 30 juin, au-delà de 21h00′, des militaires sont postés au croisement avec l’avenue Luambo Makiadi. Piétons et véhicules sont fouillés. De même qu’à la hauteur de Batetela, vers l’ISP, au niveau de la Banque centrale du Congo, ainsi que sur toutes les avenues susceptibles de mener vers le Palais de la Nation : Justice, Père Boka, ….

A Bandalungwa également, au rond-point situé à quelques mètres de Maïsaf, des policiers se lancent dans le même exercice. De même que sur le Boulevard Triomphal, à l’intervalle de l’avenue de la Libération (ex-24 novembre) et le Pnmls.

Sur le Boulevard Lumumba, tout véhicule en provenance de la direction de l’aéroport international de N’djili est sommé de parquer pour être contrôlé. Du côté du Camp Kokolo, il est formellement interdit pour l’instant de stationner à l’arrêt  » Entrée du Camp « , dans le sens de se diriger vers Bandal.

Dans un autre registre, un constat fait par la population est que le chef de l’Etat s’habille ces derniers temps en tenue militaire. D’aucuns l’ont aperçu ainsi au volant d’une grosse Pick-up noire, voire lors de certaines réunions officielles. Pour certains analystes, la tenue militaire traduit la guerre. La barbe et les cheveux renvoient au maquis. Et s’il faut établir un rapport entre ce nouveau look et des fouilles de véhicules ces derniers jours, on peut facilement déduire qu’il y a anguille sous roche.

Du coup, la peur s’installe. Des gens préfèrent désormais regagner leurs domiciles avant 20h00′ pour prévenir le pire. Surtout qu’officiellement, il n’y a aucune information dans le sens de donner à la population de nouvelles directives sécuritaires à observer. Le silence est total. L’incertitude s’installe.

La semaine dernière, à l’aéroport international de Ndjili, des gens ont quitté ce poste frontalier en catastrophe. Selon des sources, un agent avait reçu un coup de fil lui demandant de vider immédiatement le lieu. Et l’info a gagné une bonne partie de son département. Et finalement, rien ne s’est produit.

Dans l’entre-temps, la ville de Beni est en ébullition, les miliciens se réclamant de feu chef traditionnel Kamuina Nsapu continuent à opérer, des prisonniers dangereux s’évadent de leurs cellules, le leader politico-religieux Ne Muanda Nsemi constitue toujours une menace, les mouvements pro démocratie décident d’affronter le pouvoir en place, les évêques catholiques appellent le peuple congolais à se mettre debout, la communauté internationale multiplie des sanctions à l’endroit des personnalités du régime, le gouvernement inexistant, la tension sociale monte, la monnaie nationale effectue une spectaculaire descente aux enfers, ce qui entraîne la surchauffe des prix sur le marché, à la SCTP (ex Onatra), c’est la grève, à l’Ogefrem, c’est la grogne… bref, tous les indicateurs sont au rouge.

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