Malgré son interdiction : L’alcool indigène Lotoko beaucoup consommé à Kinshasa
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Le «Lotoko», Une boisson indigène congolaise à forte dose alcoolique, est fabriqué à base de maïs mais interdit à la consommation à cause du taux élevé d’alcool (plus de 50%) qu’il contient et surtout parce qu’il ne répond pas aux normes réglementaires des boissons alcoolisées autorisées. La « liqueur » est classée malgré tout dans la catégorie des boissons les plus prisées des consommateurs Kinois. Il est obtenu grâce à la distillation des grains de maïs fermentés auxquels on associe du manioc et quelques ingrédients.
Sa nature et son arôme varient d’une région à une autre, d’une tribu à une autre. Certaines régions ou tribus détiennent les secrets de préparation les plus sophistiqués jusqu’à nos jours. Le Kasaï et l’Equateur se placent en tête des meilleurs fabricants et de grands consommateurs de lotoko.
Depuis quelques années dans toutes les communes de Kinshasa, la consommation excessive de cette boisson appelée aussi «Aguene ou Guégué» par des jeunes gens dans l’unique but de s’enivrer, inquiète beaucoup de parents. Même les jeunes filles s’adonnent à cœur joie dans la consommation de cette boisson.
A la portée de toutes les bourses
Le lotoko se vend partout à un prix abordable (300 à 500 FC) le demi-verre, comparativement au prix exorbitants des bières industrielles dont les prix varient entre 1700 et 3000 francs congolais la bouteille. C’est là la raison majeure qui attire les jeunes vers cette boisson. « Consommer une petite quantité et sentir déjà quelques effets » s’enorgueillissent souvent les disciples de Bacchus agglutinés dans des bars de fortune aux premières heures du matin principalement au marché Jakarta à Matonge dans la commune de Kalamu.
La nature et l’arôme de cette boisson appelée « Tshitshampa » par les kasaiens varient d’une région à une autre, d’une tribu à une autre. Certaines régions ou tribus détiennent les secrets de préparation les plus sophistiquées jusqu’à nos jours. Le Kasaï et l’Equateur se placent en tête de meilleurs fabricants et de grands consommateurs de lotoko.
Interdite depuis l’époque coloniale mais……
Certaine sources indiquent que l’administration coloniale avait mené une lutte acharnée contre l’alcool frelaté ou indigène: Lotoko, Tshitshampa ou Aguené. Sa consommation et sa préparation étaient prohibées par la loi spéciale du Congo belge pour raisons de santé et économique. Car la consommation abusive du lotoko rendait la population non seulement malade mais inapte à la production.
Ainsi, les Administrateurs de Territoires appelés Commandants à l’époque coloniale effectuaient des descentes improvisées dans des localités. A l’aide des jumelles, ils scrutaient l’horizon, à la recherche de la moindre fumée, indice d’existence d’une distillerie de Guégué(Lotoko).
Les récalcitrants étaient déférés immédiatement à la justice, tandis que les matériels de fabrication étaient saisis puis détruits. Sa consommation s’est poursuivie durant la colonisation de façon clandestine malgré l’interdiction.
Dans la Sous-région de l’Ubangi, à l’Equateur, la consommation était telle que l’administration coloniale impuissante, avait fini par interdire les audiences des cours et tribunaux dans les après-midi. Après avoir constaté que les hommes devenaient dangereux, incontrôlables, et imprévisibles à cette période de la journée, du fait de la consommation abusive du lotoko.
Libéralisation de Lotoko en RDC
Après l’indépendance, la consommation de cette boisson s’est libéralisée en RDC, grâce à la liberté retrouvée et la complaisance des autorités chargées de faire appliquer la loi. Au Kasaï par exemple on avait amélioré la préparation du lokoto, en introduisant un procédé qui consistait à distiller plusieurs litres de lotoko afin d’en extraire une quantité plus fine et plus réduite, mais d’une teneur proche du Vodka appelé 500.
Actuellement, il nous revient que la consommation de la fameuse boisson s’est généralisée et a atteint son paroxysme en RDC. Tout le monde : vieillards, jeunes garcons, jeunes filles, s’y intéressent. Selon une étude menée par une ONG locale, la consommation abusive du «Lotoko», également appelé «pétrole», peut provoquer diverses maladies, notamment la cirrhose de foie.
Il convient de noter qu’actuellement cette boisson indigène est beaucoup plus consommée dans toutes les communes de la capitale sans exception aucune. Le produit se vend rapidement.
Par Thony Kambila






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