23 ans après : Denis Mukwege exige la vérité sur le massacre de Lemera
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23 ans après le massacre de Lemera, commis le 6 octobre 1996, le Docteur Denis Mukwege, rescapé de cette tuerie qui aura couté la vie à 32 de ses patients, a fait un témoignage émouvant sur ce crime. » Aujourd’hui, 6 octobre 2019, nous avons un devoir. Un devoir de mémoire. La mémoire de notre peuple et des habitants de Lemera tués à bout portant, massacrés pour certains dans leur lit d’hôpital ce jour la. C’était il y a 23 ans aujourd’hui et cela me hante parfois encore. Je suis rescapé de ce massacre « , écrit le Dr Denis Mukwege.
» 23 ans plus tard, qui parle de Lemera ! Qui mentionne cette attaque qui a frappé la population et l’Hôpital de Lemera dont j’étais, à l’époque, le médecin directeur ? » S’interroge le gynécologue. Le Prix Nobel de la Paix 2018 exige un devoir de mémoire en faveur des victimes, à qui il a rendu un vibrant hommage, à travers un message diffusé sur le site web de la Fondation Panzi, dont Denis Mukwege est président du Conseil d’administration.
Tués à bout portant
Le Prix Nobel de la Paix 2018 estime que si la communauté internationale est préoccupée par la Justice, elle peut commencer par le Massacre de Lemera. Pour lui, cette attaque était déjà un crime contre l’humanité avec des gens ont été tués dans leurs lits, ne sachant pas bouger, certains d’un coup de pistolet dans la bouche. » Ce jour là, j’ai évacué un malade vers la ville, si je n’avais pas eu à le faire, je ne serais plus la pour témoigner aujourd’hui. ??A cette époque, malgré les tensions de plus en plus oppressantes autour de nous, je répétais constamment aux malades que dans mon hôpital, ils ne craignaient, rien, que dans mon hôpital ils étaient en sécurité plus que dans n’importe quel autre endroit. Ils étaient sous ma responsabilité, mais quand je suis revenu… ils avaient tous été assassinés avec le personnel de l’Hôpital « , a détaillé le médecin.
Besoin de vérité
Il a fallu des années au Dr Mukwege pour s’en remettre, mais jusqu’à aujourd’hui, il a besoin de savoir la vérité. Surtout que deux jours après ce massacre, l’homme a passé plusieurs heures avec Ibrahima Fall, sous-secrétaire général aux Droits de l’Homme de l’ONU et directeur général adjoint de l’Office des Nations Unies à l’Hôtel Résidence de Bukavu comme représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies, pour lui expliquer toute la situation. Avec ce haut fonctionnaire des Nations Unies, Mukwege a décrié les crimes de guerre qui venaient d’être commis.
» Négliger ce drame à ce moment là, c’est ce qui a permis que les massacres continuent jusqu’aujourd’hui… « , déplore Mukwege. Il a regretté qu’en cette circonstance, les abbés Koko et l’abbé Ndogolé aient été pris et assassinés à bout portant. » Les assaillants leur ont demandé de transporter tout ce qu’ils venaient de dérober. Les deux prêtres n’y sont pas arrivés. C’était trop lourd pour eux, alors ils ont été abattus « , témoigne le médecin. « La Paix ne se construit pas sur des fosses communes. Nous demandons la vérité, la justice et des réparations pour arriver à la réconciliation et au pardon « , conseille Dr Denis Mukwege.
Par GKM






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