Crash de l’Antonov 72 : trois corps ramenés à Kananga
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En attendant les recherches pour retrouver les autres victimes, des questions demeurent sur le parcours de l’aéronef et le passé des deux pilotes russes
Par YHR
Les trois corps, qui avaient été inhumés à Okoto au lendemain de la découverte des débris de l’avion accidenté assurant le transport de la logistique de la présidence de la République, ont été exhumés et ramenés à Kananga le mardi 15 octobre en fin de journée, à bord d’un hélicoptère de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la Stabilisation en République Démocratique du Congo (MONUSCO) et gardés dans une morgue de la mission onusienne.
Ils » seront remis aux autorités congolaises « , a déclaré à l’AFP, Florence Marchal, porte-parole de la MONUSCO. » Ces trois corps n’ont pas été formellement identifiés, parce que la MONUSCO intervient dans le cadre strict d’une opération de secours. Elle n’est pas mandatée pour enquête « , a expliqué Mme Marchal.
Le ministre de la Défense et le vice-ministre des Transports attendus sur les lieux du crash
Une délégation composée notamment du ministre de la Défense, Aimé Ngoy Mukena, et du vice-ministre des Transports, Jacques Yuma, est arrivée le même mardi à Kananga. Elle devait, sauf imprévu, se rendre hier mercredi dans la matinée sur le lieu du crash. Le service de communication de la Présidence de la République congolaise avait confirmé mardi que les débris de l’avion découverts près du village Okoto dans le territoire de Kole, au Sankuru, étaient bien ceux de l’Antonov opéré par la force aérienne pour la logistique présidentielle, dont on était sans nouvelles depuis le jeudi 10 octobre dernier.
A Kinshasa, pendant ce temps, l’émotion reste encore palpable. C’est dans cette ambiance de tristesse que le chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a rendu visite mardi soir aux familles de deux de ses collaborateurs décédés dans cet accident aérien. Il s’agit de Patrick Mukadi et de Dipanga Divioka dit » Maréchal « , le chauffeur principal du président, selon les services de presse de la Présidence de la République. On est toujours sans nouvelles des autres passagers de l’avion, selon la même source.
L’accès au site de l’accident très difficile
» Les recherches pourront prendre plus de jours. L’accès au site de l’accident est très difficile, puisqu’il faut acheminer des engins lourds pour déterrer la carcasse afin de retrouver d’autres corps « , a déclaré à l’AFP, un membre de la cellule de crise mise en place par les autorités congolaises après le drame. D’après cette structure, » les mauvaises conditions météorologiques » seraient à l’origine de l’accident. La Présidence promet toutefois de faire toute la lumière sur ce drame et assure avoir mobilisé une équipe d’enquêteurs expérimentés. L’appareil, l’équipage, cet avion affrété par la Présidence pour transporter le véhicule blindé du chef de l’État et sa garde rapprochée suscitent bien des interrogations.
Des pilotes au passé trouble
Selon la presse internationale (RFI), l’Antonov 72 est sorti de l’usine en 1987 et a changé plusieurs fois de mains et même d’immatriculation depuis. La dernière, EK-72903, celle que l’on peut encore lire sur les débris de l’avion, ferait de lui un appareil de la flotte de South Airlines, une compagnie arménienne, mais au début des années 2000, ce sont d’obscurs opérateurs privés qui le gèrent.
Cet avion est à Kaboul en Afghanistan en 2006, en Ukraine et aux Émirats arabes unis en 2011. Pour les deux pilotes russes, le passif semble tout aussi lourd. Leurs noms ont été communiqués par l’ambassade de Russie. Le premier s’appelle Vitaly Shumkov, un pilote du même nom et du même âge a été brièvement arrêté en Thaïlande en 2010, accusé de transporter 30 tonnes d’armes nord-coréennes. Son compatriote, Vladimir Sadovnichy, pourrait être le Vladimir Sadovnichy du même âge qui a été condamné en 2011 au Tadjikistan à 8 années et demi de prison pour trafic, après avoir traversé illégalement la frontière depuis l’Afghanistan avec son Antonov 72 pour le compte d’une société enregistrée dans les îles Vierges britanniques.
Un oligarque russe à bord?
Les deux pilotes avaient été libérés, les charges abandonnées. Selon une source sécuritaire congolaise, si l’identité des victimes russes est confirmée, cela pose de sérieuses questions sur les vérifications effectuées pour le transport de matériel aussi sensible que la voiture du président. Depuis la disparition de l’avion, la presse russe, notamment d’opposition, a spéculé sur la présence de l’oligarque russe et proche de Vladimir Poutine, Evguéni Progijine dans cet avion.
Mais l’ambassade de Russie à Kinshasa a assuré que seuls deux Russes figuraient parmi les victimes et dit attendre la fin des opérations de recherche avant tout autre commentaire officiel.





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