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Dialogue: Félix Tshisekedi pose ses conditions

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Dialogue: Félix Tshisekedi pose ses conditions

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Par DMK

Le Palais de la Nation a servi de cadre, le samedi 31 janvier 2026, à la traditionnelle cérémonie d’échange de vœux entre le Chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, et les diplomates accrédités en République Démocratique du Congo. Une cérémonie organisée alors qu’une partie des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu est toujours occupée par des troupes rwandaises et leurs supplétifs de l’AFC/M23, et que quelques responsables des églises catholique et protestante au Congo relayés par certains opposants appellent à la tenue d’un Dialogue national.

La rencontre avec le corps diplomatique en poste à Kinshasa a donné l’occasion à Félix Tshisekedi de parler de cette initiative et du cadre dans lequel celle-ci devrait se tenir.
Pour le Président congolais qui vient d’entamer un second mandat à la tête du pays après des élections générales organisées fin décembre 2023, le dialogue national, s’il peut se tenir, il devra avoir lieu sur le sol national et sous contrôle institutionnel.

La démarche de Fridolin Ambongo rejetée

Félix Antoine Tshisekedi exclut donc la démarche menée par le cardinal Fridolin Ambongo et un groupuscule d’évêques catholiques auxquels s’est joint l’actuel responsable de l’Eglise du Christ au Congo (ECC).

Ces hommes en soutane, on le sait, ont eu à sillonner quelques capitales européennes et africaines, allant jusqu’à s’incliner devant le dirigeant rwandais, Paul Kagame, sans la moindre condamnation du génocide que ce tyran est en train de commettre en RDCongo. Et au terme de cette tournée, la bande à Ambongo a présenté un soi-disant plan de sortie de crise remettant en cause les institutions issues des élections générales de 2023.

Pour avoir péché par cette partialité évidente, ces princes de l’église se sont discrédités.

Avec le message transmis aux diplomates, Kinshasa vient de donner sa position. Sans remettre en cause l’éventualité d’un Dialogue national, Félix Tshisekedi exclut aussi toute proposition visant à faire organiser un tel forum en dehors du territoire congolais. Car, il s’agit bien d’une affaire qui réunir uniquement les Congolais.

Le médiateur désigné par l’Union Africaine (Faure Gnassingbé) qui a eu à échanger dernièrement, à Lomé, avec le président congolais sait donc à quoi s’en tenir à ce sujet. Car, pour Félix Tshisekedi, un dialogue ne saurait remettre en cause sa légitimité.  » Nous réaffirmons notre ouverture à un dialogue entre Congolais : un dialogue apaisé, inclusif, résolument républicain, destiné à consolider la cohésion nationale sans jamais remettre en cause les institutions issues du suffrage universel « , a notamment déclaré le Président de la RDC, le 31 janvier 2026 devant les diplomates à l’occasion de l’échange des vœux. Concernant l’éventualité de voir le Dialogue se tenir à l’étranger comme le souhaitent certains opposants aujourd’hui en cavale, Félix Tshisekedi est catégorique.  » Si ce dialogue devait se tenir, il se déroulerait sur le sol national et serait conduit et organisé par les institutions de la République dans le respect de la Constitution, des lois de la République et des règles démocratiques qui fondent notre pacte national « , a-t-il insisté. Cette position écarte donc les églises catholique et protestante de la gestion de ce processus sur lequel le Président congolais entend garder la main.

Le numéro 1 congolais a également dit aux diplomates accrédités à Kinshasa que ce processus ne reviendra pas sur les décisions prises par la justice.  » La justice suivra son cours normal avec rigueur, jusqu’au bout, et sans complaisance, afin d’honorer la mémoire de celles et ceux injustement tombés du fait de l’agression « , a encore martelé le Président congolais devant ses hôtes.

Un message sans doute adressé aux dirigeants de l’AFC/M23 et à l’ancien président Joseph Kabila condamnés à mort pour crimes de guerre, trahison, et autres griefs.
Après toutes ces clarifications apportées par Kinshasa sur la tenue éventuelle du Dialogue national, il reste à savoir comment l’opposition et les partenaires occidentaux qui soutiennent cette démarche (France, Belgique…) vont réagir à l’orientation que le pouvoir entend donner à ce processus.