Le Sénat adopte la proposition de loi sur l’organisation du référendum
Partager
Par Armando MANANASI
Quelques jours après la chambre basse du Parlement, le Sénat a parachevé l’examen d’un texte hautement stratégique pour l’avenir institutionnel du pays. En effet, sous la houlette de son speaker Sama Lukonde, la chambre des sages, a adopté à l’unanimité, dans la soirée d’hier lundi 15 juin, la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du référendum. Les 89 sénateurs présents dans l’hémicycle ont tous voté en faveur de ce texte émanant de l’Assemblée nationale. Cette adoption en seconde lecture intervient après un vote similaire intervenu à l’Assemblée nationale le 9 juin dernier, dotant ainsi définitivement la RDC d’un cadre légal encadrant les modalités d’organisation d’un examen référendaire. Avec ce vote historique scellé, le président de la chambre haute, Jean-Michel Sama Lukonde, a officiellement prononcé la clôture de la session ordinaire de mars 2026, conformément au règlement d’ordre intérieur de l’institution.
Une opposition vent debout contre le texte
Qualifiant de forcing législatif, ce processus parlementaire, les sénateurs de l’opposition, tout comme les députés nationaux l’ont fait, ont boycotté les travaux en plénière. En effet, le climat politique s’est brutalement durci au Palais du Peuple lors de la plénière historique de ce lundi 15 juin consacrée au vote de la loi sur le référendum. Dénonçant une démarche législative qu’ils jugent en totale déconnexion avec les priorités urgentes de la nation, les sénateurs de l’opposition ont purement et simplement refusé de siéger. Ils ont boycotté la séance consacrée à l’examen du rapport de la commission Politique, Administrative et Juridique (PAJ) qui a précédé l’adoption finale du texte par la majorité.
Par ce geste de rupture, les élus de l’opposition entendent contester le calendrier de la majorité de l’Union sacrée. Ils estiment que l’urgence parlementaire et gouvernementale devrait être orientée vers des dossiers autrement plus vitaux pour la survie de la République.
Pour les parlementaires frondeurs, l’heure n’est pas aux manœuvres de révision constitutionnelle, alors que l’intégrité territoriale du pays demeure gravement menacée. Dans leur déclaration, ils appellent instamment les institutions de la République à concentrer l’intégralité des efforts budgétaires, logistiques et politiques sur le rétablissement de la sécurité, le soutien aux forces armées et la reconquête des territoires actuellement occupés par les forces négatives et l’administration rebelle dans l’Est du pays.
Cap sur la souveraineté économique
Malgré ce coup d’éclat de l’opposition, la chambre haute du Parlement a poursuivi ses travaux dans la salle des Conférences Internationales pour aborder le volet économique majeur de l’ordre du jour. Les sénateurs ont ainsi traité et voté l’économie générale de deux textes législatifs stratégiques pour l’avenir du tissu entrepreneurial national.
Le premier est le projet de loi sur le contenu local en République Démocratique du Congo. Ce nouveau cadre juridique vise à augmenter la participation des entreprises congolaises dans les chaînes de valeur nationales, notamment dans les secteurs minier, énergétique et industriel, tout en garantissant la priorité d’emploi et de formation à la main-d’œuvre locale.
Le second texte voté modifie et complète la Loi n°17/001 du 08 février 2017 fixant les règles applicables à la sous-traitance dans le secteur privé. Portée par le Gouvernement, cette réforme majeure étend l’application des règles de la sous-traitance à tous les secteurs de l’économie nationale sans exception et renforce les prérogatives de contrôle de l’Autorité de Régulation de la Sous-Traitance dans le Secteur Privé (ARSP), un levier essentiel pour l’émergence d’une véritable classe moyenne congolaise.





Visit Today : 3510
Visit Yesterday : 3019
This Month : 41431
This Year : 419793
Total Visit : 2551202
Hits Today : 9033
Who's Online : 24