Escalade militaire au Kivu : Minembwe sous le feu des drones !
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Escalade militaire au Kivu : Minembwe sous le feu des drones !Au même moment, le Rwanda érige un camp militaire à Kabare
Par Armando MANANASI
Alors que l’encre des accords humanitaires conclus à Montreux (Suisse) peine à sécher, la situation sécuritaire s’embrase à nouveau dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Les Forces Armées de la RDC (FARDC) dénoncent une offensive d’envergure de la coalition RDF/M23 dans les hauts plateaux de Minembwe, au Sud-Kivu, marquant une rupture brutale avec l’espoir d’une trêve. Le gouvernement provincial du Sud-Kivu a, pour sa part, lancé un cri d’alarme concernant le territoire de Kabare, pour dénoncer l’érection d’un camp militaire rwandais au village de Mumosho, zone actuellement sous occupation de l’AFC/M23.
Kigali tire les ficelles
Dans cette nouvelle d’escalade de violences, l’implication directe du Rwanda est à peine voilée. En effet, l’attaque des terroristes du M23 survenue au lendemain des pourparlers helvétiques, a été marquée par l’usage particulier de drones de combat. Une technologie que les rebelles ne peuvent détenir ni manipuler, seuls sans aide extérieure.
Ces frappes de drones ont visé des positions militaires mais aussi des zones densément peuplées à Mikenge et Kakenge, causant la mort de quatre civils et faisant huit blessés.
Le gouvernement provincial du Sud-Kivu a qualifié cet acte d' » extrême gravité » et de » violation flagrante de la souveraineté nationale « . Car, cette implantation de troupes étrangères sur le sol congolais, risque d’être pérenne.
Désastre humanitaire au Nord-Kivu
La situation est également très critique dans la province voisine du Nord-Kivu. Dans le territoire de Walikale, la progression de l’AFC/M23 a déclenché un exode massif. Plus de 40 000 personnes déplacées vivent aujourd’hui dans des conditions de totale précarité.
C’est le cas notamment dans le groupement de Waloa Loanda. Les défenseurs des droits humains alertent sur le sort de 11 600 ménages sans nourritures ni soins, alors que des témoignages font état d’arrestations arbitraires.
Le territoire de Masisi n’est pas épargné. Depuis dimanche 19 avril, des rebelles de l’AFC/M23 ont fait irruption dans le village de Ndurumo, près de Lukweti, dans le groupement Bashali Mokoto.
Les assaillants y ont incendié une dizaine de maisons, jetant à nouveau les populations civiles sur les routes de l’exil.
Quid des engagements pris par les rebelles ?
Cette recrudescence des hostilités intervient alors qu’un protocole a été signé le 18 avril 2026 à Montreux, entre Kinshasa et l’AFC/M23. Cet accord prévoit l’ouverture de corridors humanitaires et la libération de 477 prisonniers d’ici le 27 avril. Mais, sur le terrain, l’érection de nouvelles infrastructures militaires et la reprise des bombardements aériens remettent en cause la volonté réelle des rebelles soutenus par Kigali de transformer leurs engagements en une paix durable.
Pourtant, au niveau diplomatique, la CIRGL a salué ce protocole, le qualifiant d’une » étape clé « .
Ce partenariat vise à intégrer le mécanisme de surveillance de l’Accord-cadre de Doha au Mécanisme Conjoint de Vérification Élargi (MCVE Plus). Cette nouvelle structure a pour mission essentielle de surveiller le cessez-le-feu permanent, d’enquêter sur les violations et de prévenir toute escalade. Un optimisme institutionnel qui se heurte, malheureusement, à la réalité sanglante du terrain.






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