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Soutien aveugle au gouvernement Tshibala : La Monusco tenue à revenir à la raison

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Soutien aveugle au gouvernement Tshibala : La Monusco tenue à revenir à la raison

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Tête-à-tête Maman Sidikou – Kabund A Kabund hier à Kinshasa

Dans le cadre de la mission de bons offices lui confiée par la Résolution 2348, le Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en RDC, Maman Sambo Sidikou, a débuté des rencontres avec les différentes parties à la crise en République démocratique du Congo pour essayer de trouver les voies et moyens en vue de la mise en œuvre intégrale de l’Accord du 31 Décembre.

Mais au regard de ses propos tenus devant quelques membres de la Majorité présidentielle après un entretien avec les délégués de cette plateforme, le secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (Udps), Jean-Marc Kabund A Kabund avait catégoriquement refusé l’invitation du n°1 de la Monusco. Car ce dernier avait publiquement soutenu que la nomination du premier ministre Bruno Tshibala cadrait avec l’esprit et la lettre de l’Accord de la fin de l’année.

Pourtant, les organisations internationales à l’instar de l’Union européenne, les pays comme les Etats-Unis, la France, la Belgique ou le Canada, avaient manifesté leur indignation face à cette nomination qui viole le compromis de la Saint Sylvestre obtenu sous les bons offices de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco). Pour Kabund, Sidikou avait  manifesté sa position en soutenant ceux qui persécutent le peuple congolais.

Dans le même ordre, le Rassemblement avait publié un communiqué signé par Pierre Lumbi, pour manifester son indignation par rapport aux déclarations de Sidikou qui, selon cette plateforme, énervent le peuple congolais qui ne jure que sur l’application de l’accord du Réveillon. D’autres personnalités politiques de l’Opposition comme Olivier Kamitatu, André Claudel Lubaya, ont appuyé le Rassemblement dans sa prise de position.

Président national de  l’Association Africaine de Défense des droits de l’homme (ASADHO) et porte-parole du Front Citoyen 2016, Jean-Claude Katende a estimé que la déclaration du chef de la Monusco et celle de l’Union Africaine, sur le soutien et l’accompagnement du gouvernement Tshibala, est une véritable prime à la violation de l’Accord du 31 Décembre 2016.

A en croire Katende, ces déclarations ignorent totalement le désir du peuple congolais de voir les parties au dialogue de la Cenco, surtout le président Joseph Kabila, respecter intégralement et appliquer de bonne foi l’Accord du 31 Décembre 2016.  Le président de l’ASADHO pense que le gouvernement Tshibala ne mérite aucun soutien, car nommé en violation de l’Accord de la Cenco.

Selon lui, le soutien et l’accompagnement de la Monusco et de l’Union Africaine « encouragent le président Joseph Kabila à continuer à violer la Constitution et les Accords signés avec les autres parties prenantes impunément ». Il juge l’attitude de la Monusco et de l’UA comme une manœuvre qui ne contribuera pas à l’organisation des élections qui semblent être la priorité de la Monusco.

« Nous espérons que les bons offices que la Monsuco propose ne vont pas se transformer en un troisième dialogue. La Monusco doit savoir que les Congolais veulent le respect de l’Accord et les élections, l’un n’excluant pas l’autre », tance –t-il. Me Jean–Claude Katende est d’avis qu’avec cette confusion, la Monusco fait fausse route et elle sera contredite par les prochains développements politiques au Congo.

Mais hier lundi 17 avril 2017, le SG de l’Udps a personnellement effectué le déplacement du QG de la Monusco pour rencontrer Maman Sidikou. Selon des indiscrétions, le malentendu a été dissipé pour que le chef de l’exécutif de l’Udps change d’avis. Déjà, à sa descente d’avion hier à l’aéroport de N’djili, répondant à la question d’un journaliste, Félix Tshisekedi a salué les bons offices des Nations-Unies pour obtenir la signature de l’arrangement particulier. La rencontre Kabund-Maman n’est donc pas en contradiction avec la réponse du président du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement.

Il faut souligner qu’en dehors de Kabund, le chef de la Monusco a rencontré, toujours hier lundi, le secrétaire général de la Majorité présidentielle (MP), Aubin Minaku Ndjalandjoku. Selon le programme, il est prévu que le Nigérian reçoive également la délégation de la Cenco ainsi que de l’ensemble de la société civile.

Causes de la crise congolaise

Avant de prendre ses fonctions en RDC, Maman Sidikou était le chef d’une mission de paix conjointe ONU-UA en Somalie, pays que d’aucuns considèrent comme un non état. Mais dans ce pays de corne de l’Afrique, le parlement se réunit après chaque 4 ans pour élire le président de la République. En effet, l’élection, le 8 février, de Mohamed Abdullahi Mohamed, dit « Farmajo », à la présidentielle, a provoqué une liesse populaire comme on n’en a pas vu depuis l’indépendance.

Le chef de la Monusco, en bon diplomate, sait que ce qui est à la base de la crise politique qui déchire la RDC est la non tenue des élections par le pouvoir en place dont le mandat a pris fin depuis le 19 décembre 2016. En refusant d’organiser les élections conformément à la Constitution, Kinshasa a violé sciemment la Charte Africaine sur la Gouvernance, les élections et la Participation citoyenne qui consacre la périodicité des scrutins.

Le chef de la Monusco risque de perdre sa crédibilité au sein de l’opinion congolaise à cause de ce genre de déclaration visant à satisfaire un pouvoir hors mandat mais sauvé par l’Accord du 31 décembre 2016 sur lequel il crache aujourd’hui. Les observateurs pensent que Maman est en voie de revenir à la raison pour l’intérêt suprême du peuple congolais.

Par LM & Godé Kalonji

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