Matadi : Le mont Kinzau livré aux constructions anarchiques, malgré l’interdiction formelle !
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Par Dieudonné Muaka Dimbi
A Matadi, chef-lieu de la province du Kongo Central, les constructions anarchiques ont désormais élu domicile jusque dans certains lieux les plus sensibles. Cela, au mépris des interdictions formelles édictées depuis plusieurs années.L’exemple du Mont Pic Ambien, rebaptisé mont Kinzau, en est l’un des symboles les plus frappants.
Ce site, à la fois touristique, historique, stratégique et potentiellement dangereux, est aujourd’hui envahi par une multitude de bâtisses, érigées dans le désordre.Sur place, les maisons ne répondant pas aux normes en vigueur, y poussent comme des champignons, transformant ainsi progressivement ce patrimoine naturel en une zone d’urbanisation sauvage.
Un patrimoine dénaturé, sous le regard passif des autorités
Pourtant, la mesure d’interdiction de toute construction sur ce mont ne date pas d’hier.Lors d’une de ses missions officiels de travail à Matadi, l’ancien Président Joseph Kabila Kabange avait clairement interdit toute implantation sur ce site, en instruisant formellement le Gouverneur de l’époque, feu Jacques Mbadu Nsitu di Mavungu, de veiller à la stricte application de cette mesure.
Mais comme il en est très souvent de coutume en République Démocratique du Congo, les bonnes résolutions sombrent rapidement dans l’oubli. Depuis, ni les Gouvernements provinciaux successifs et moins encore les autorités locales actuelles, tant de la province que de la ville, n’ont osé imposer le respect de cette décision présidentielle.
Complicité active ou laxisme coupable ?
Le phénomène est d’autant plus préoccupant qu’il serait facilité, voire cautionné, par certains agents publics assoiffés d’argent. Notamment ceux affectés aux services du cadastre, des affaires foncières, de l’urbanisme, et même par des autorités coutumières locales. Des titres parcellaires seraient ainsi délivrés en toute irrégularité, encourageant des citoyens à bâtir sur une zone pourtant classée comme non constructible. Alors que la situation devient de plus en plus alarmante, les autorités provinciales et urbaines, en l’occurrence celles ayant l’environnement, conservation de la nature et le tourisme dans leurs attributions, censées agir en garantes de l’ordre public et de la préservation du patrimoine, brillent par leur silence radio.
Le Gouverneur Grâce Nkuanga Masuangi Bilolo, salué pour certaines de ses initiatives depuis sa prise de fonctions, est aujourd’hui l’homme le plus attendu pour trouver une solution idoine et durable à ce dossier brûlant.Il est plus que temps qu’il tape du poing sur la table, en prenant un arrêté provincial de démolition et d’expropriation, y compris pour les détenteurs de documents parcellaires jugés «réguliers», mais obtenus en flagrante violation des lois en la matière.
Sanctions urgentes attendues
Par ailleurs, des sanctions exemplaires devraient être infligées en urgence aux agents fautifs des services du cadastre, des affaires foncières, de l’urbanisme, ainsi qu’aux autorités traditionnelles impliquées. Un projet d’arrêté allant dans ce sens serait une réponse en vue de mettre fin à cette dérive urbanistique tant décriée. Il est impératif de rappeler que les sites touristiques et les biens d’intérêt public ne doivent en aucun cas être sacrifiés sur l’autel des intérêts égoïstes ; peu importe le statut social des auteurs. Le mont Kinzau, vestige naturel et point de repère historique, indiquant le plus haut sommet de la ville portuaire de Matadi, mérite mieux qu’un lotissement sauvage.







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