Type de recherche

Hier lundi dans la capitale : La journée du combat de Simon Kimbangu et de la conscience africaine célébrée dans le calme

A la une La Tempête des Tropiques Religion SOCIETE

Hier lundi dans la capitale : La journée du combat de Simon Kimbangu et de la conscience africaine célébrée dans le calme

Partager

Par YHR

La journée d’hier lundi 6 avril, déclarée chômée et payée sur toute l’étendue du territoire national s’est déroulée dans le calme à Kinshasa. C’est dans un communiqué rendu public ce jeudi 2 avril 2026, que les autorités ont précisé que cette journée était consacrée au combat de Simon Kimbangu, ainsi qu’à la promotion de la conscience africaine. À ce titre, elle revêtait une importance particulière, tant du point de vue historique que symbolique.

Promotion de la conscience africaine

La reconnaissance officielle de cette journée fériée traduit la volonté des autorités congolaises de valoriser cet héritage et de renforcer le devoir de mémoire autour des luttes ayant contribué à l’affirmation de l’identité africaine. Le Ministère invite par ailleurs les employeurs, les travailleurs ainsi que l’ensemble des citoyens à observer cette journée dans le respect des dispositions légales en vigueur.

Simon Kimbangu est né le 12 septembre 1887 à Mbanza Bola, l’actuelle Nkamba, dans l’Ouest de ce qui était alors le Congo belge, à 68 km au Nord-Ouest de Thysville, l’actuelle Mbanza-Ngungu. Baptisé en 1915 par la Baptist Missionary Society, l’homme est formé pour devenir catéchiste. En 1919, il se rend à Léopoldville pour y trouver du travail, cherchant sans succès de se faire embaucher par les Huileries du Congo belge. Le 6 avril 1921, l’homme se rend chez Maman Kiantondo, à Ngombe Kinsuka, à 300 mètres de la Cité de Mbanza Bola, dont il entend dire qu’elle est gravement malade. Il la guérit par imposition des mains. La veille, Kimbangu avait reçu un appel de Dieu lui demandant de changer l’appellation de Mbanza Bola en Nkamba-Nouvelle Jérusalem. Au cours des semaines suivantes, il guérit plusieurs personnes.

Prisonnier

Les nouvelles des guérisons se répandent, attirant les gens à Nkamba. Les autorités coloniales alarmées envoient le 6 juin 1921 une colonne de la Force publique à Nkamba pour appréhender Kimbangu, qui parvient à s’enfuir. Les soldats ayant tiré à balles réelles, il y a un mort et plusieurs blessés. Plusieurs dirigeants du mouvement sont arrêtés et emmenés à Thysville. En septembre 1921, Kimbangu se rend spontanément aux autorités coloniales. Celles-ci le traduisent devant un conseil de guerre. Le procès s’appuie sur  » un acte d’accusation faussé, une procédure arbitraire  » selon le Centre de recherche et d’information socio-politiques. Au bout de trois jours, il est condamné à mort à la suite d’un jugement qui cite les propos de Simon Kimbangu indiquant que  » la colonisation allait finir et devait finir « .

Le Roi Albert Ier ayant commué sa peine en détention à perpétuité, il est transféré à la prison d’Élisabethville au Katanga. Il y reste enfermé jusqu’à sa mort le 12 octobre 1951.

Quelque 10 % des croyants congolais se réclament de l’Eglise Kimbanguiste

Après la condamnation de Kimbangu, les autorités coloniales tentent de briser son mouvement, notamment en reléguant ses principaux disciples dans d’autres régions du pays. Malgré cette répression, le mouvement ne cesse de gagner en importance. Actuellement, quelque 10 % des croyants congolais se réclament de l’Eglise Kimbanguiste. Elle s’est établie dans plusieurs pays. À la mort de Simon Kimbangu, c’est son fils, Joseph Diangienda, qui prend la tête de l’église jusqu’à sa mort, survenue le 8 juillet 1992, avant d’être remplacé par son frère Paul Salomon Dialungana Kiangani (1992-2001), puis par son petit-fils Simon Kimbangu Kiangani.