Les enseignants du primaire dénoncent le non-paiement de leur prime de la gratuité
Partager
Par Dieudonné Muaka Dimbi
A l’approche des festivités de Noël et de Nouvel An, le climat social, au Kongo Central, est particulièrement tendu entre la synergie des syndicats des enseignants et le gouvernement provincial. A l’origine de cette crispation : l’interruption injustifiée du paiement de la prime provinciale d’appui à la gratuité de l’enseignement de base, depuis le mois de mars 2025.
Les enseignants dénoncent également ce qu’ils qualifient d’injustice délibérément entretenue par l’Exécutif provincial dans la répartition des frais scolaires destinés à l’enseignement secondaire. Selon eux, ces fonds bénéficient essentiellement aux villes et grandes agglomérations de la province, au détriment des nouvelles unités scolaires ainsi que des écoles situées dans les zones enclavées du Kongo Central.
Cette situation préoccupante a été au centre d’une grande réunion tenue récemment à Matadi, rassemblant les enseignants du primaire de toute la province, représentés, pour la circonstance, par leurs collègues de la ville portuaire.
L’objectif de cette rencontre était d’évaluer, à mi-parcours, les conditions socio-professionnelles jugées déplorables, dont le principal responsable serait, selon les enseignants, le Gouvernement provincial dirigé par le gouverneur Grâce Nkuanga Masuangi Bilolo.
Les syndicalistes rappellent qu’à son accession à la tête de la province, le gouverneur s’était engagé de poursuivre l’œuvre de son prédécesseur Guy Bandu Ndungidi, initiateur de la prime provinciale accordée aux enseignants, en appui à la gratuité de l’enseignement de base. Un engagement resté, selon eux, lettre morte.
Une promesse jamais tenue
Les enseignants rappellent que le gouverneur Grâce Nkuanga était allé jusqu’à annoncer publiquement l’augmentation de cette prime, la faisant passer de 30.000 à 50.000 francs congolais, lors d’un meeting populaire tenu à Tshela, il y a quelques mois, dans le cadre de sa tournée d’itinérance.
Une décision qui était largement saluée par les enseignants du primaire du Kongo Central, mais qui n’a jamais été appliquée. Plus grave encore, même les 30.000 francs congolais que les enseignants percevaient régulièrement sous l’administration Guy Bandu Ndungidi, ne sont plus versés depuis mars 2025.
Cette situation a fini par exacerber la colère des professionnels de la craie, qui ont décidés de rompre le silence.
Pour Isaac Lukombo Malanda, porte-parole adjoint de la synergie du banc syndical des enseignants, la rupture sans motif valable de cette prime, pourtant un élément catalyseur de la gratuité de l’enseignement de base initiée par le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, met en difficulté non seulement les enseignants, mais aussi l’Etat congolais lui-même, qui a toujours fait de la qualité de l’enseignement une priorité nationale. « Cette qualité ne peut être garantie que si ceux qui dispensent l’enseignement sont eux-mêmes placés dans des conditions de vie décentes », insiste-t-il.
Le syndicaliste affirme par ailleurs que les enseignants ont appris, avec indignation, que l’autorité budgétaire continue de mettre les moyens financiers à la disposition du gouvernement provincial, mais que ces fonds n’atteignent jamais leurs bénéficiaires légitimes depuis plusieurs mois.
Mauvaise foi ou simple négligence ? La question reste posée et appelle, selon les enseignants, une réponse urgente et claire.
Des actions de grande envergure annoncées
Considérant la prime de la gratuité comme un droit acquis, et rappelant la volonté autrefois affichée par le gouverneur de la soutenir, les enseignants exigent sa reprise immédiate, accompagnée de l’apurement de tous les arriérés accumulés depuis mars 2025.
A défaut, prévient Isaac Lukombo Malanda, des actions de grande envergure seront déclenchées dès la reprise des cours après le congé de Noël, sur toute l’étendue de la province, jusqu’à la satisfaction totale de leurs revendications.
Un avertissement que le gouvernement provincial de doit de prendre au sérieux, s’il tient réellement à préserver la paix sociale au Kongo Central et à éviter toute perturbation du calendrier scolaire déjà en cours.






Visit Today : 208
Visit Yesterday : 1971
This Month : 22702
This Year : 181960
Total Visit : 2313368
Hits Today : 604
Who's Online : 26