Réagissant contre le message de la CENCO : Les Prêtres de l’Archidiocèse de Kananga soutiennent un changement légal de la Constitution
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Par Armando MANANASI
Les remous politiques suscités par le message de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) du 19 juin dernier continuent de faire vibrer le Grand Kasaï. Face à une dégradation préoccupante du climat social dans la ville de Kananga, marquée par des insultes, des intimidations à l’endroit du clergé. Après des propos discourtois sur les réseaux sociaux et des troubles survenus lors du culte dominical du 21 juin dernier, les prêtres de l’Archidiocèse de Kananga sont sortis de leur réserve. Dans une mise au point officielle intitulée » Kuanji kutapa, badi ebeja » et datée du 30 juin, jour du 66e anniversaire de l’indépendance de la RDC, le clergé local a tenu à éclairer l’opinion publique nationale et internationale afin d’apaiser les esprits.
Les prêtres rappellent d’entrée de jeu que la déclaration des évêques du 19 juin n’est en aucun cas un décret, un arrêté ou une décision contraignante, et que ses signataires ne s’érigent nullement en institution de la République. Ce message, insistent-ils, n’empêche en rien l’expression du libre arbitre des citoyens ni un éventuel changement de la loi fondamentale. Pour le clergé, cette prise de position des évêques relève strictement de la liberté d’expression garantie à tout citoyen par l’article 23 de la Constitution, s’inscrivant dans le cadre de leur mission prophétique traditionnelle. Les prêtres apportent ainsi un soutien solidaire à leur Archevêque Métropolitain, précisant que cette mission étant collégiale, aucun évêque ne peut être désavoué individuellement pour sa signature.
Un soutien franc à un changement constitutionnel par les voies légales
Abordant le débat de fond qui agite la classe politique, les prêtres de l’Archidiocèse de Kananga ont levé toute équivoque quant à la légalité d’une réforme des textes. Ils rappellent avec force que la révision ou le changement de la Constitution est une démarche parfaitement constitutionnelle, conformément à l’article 218 qui attribue l’initiative de manière concurrente au Président de la République, au Gouvernement, aux chambres du Parlement ou à une fraction du peuple congolais.
Tranchant avec les interprétations restrictives, le clergé de Kananga affirme ouvertement sa position : » En effet, nous soutenons le changement éventuel de la Constitution de 2006, le cas échéant, s’il suit tout moyen légal par lequel il peut être possible. » Par cette déclaration, les prêtres s’alignent sur la légalité républicaine tout en validant l’opportunité d’adapter les textes fondamentaux si les procédures requises sont scrupuleusement respectées.
Appel à la retenue et soutien aux actions du Chef de l’État
Inquiets pour la sécurité des personnes et des biens de l’Église, les prêtres lancent un appel pressant à la jeunesse de Kananga et de toute la République pour faire montre de retenue. Ils exhortent la population au strict respect du personnel ecclésiastique (évêques, prêtres et personnes consacrées) et à la protection du patrimoine confessionnel.
Ces prêtres catholiques invitent, à la fin de leur déclaration, l’ensemble des compatriotes à cultiver l’amour de la patrie, l’unité nationale et la tolérance face aux différentes tendances politiques et confessionnelles. Le clergé invite également les Congolais à soutenir les actions du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, des actions qu’ils qualifient de » concrètes et palpables » tant dans la ville de Kananga qu’à travers l’ensemble du territoire national.





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