Ce qu’a été la polyandrie chez les Bashilele
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« Nhohombe » ou Polyandrie en Lele, la langue du peuple habitant une grande partie d’Ilebo, dans la nouvelle province du Kasaï, est une forme de mariage entre une femme et plusieurs hommes. Cette pratique a été fortement d’usage dans cette partie de la République avant les années 1960 et même légèrement après l’indépendance. Cette union était en quelque sorte officialisée en ce qu’elle était organisée coutumièrement sous le patronage du chef et des notables de chaque village. Et les enfants issus de pareille cohabitation appartiennent à tous les époux, parmi lesquels il y avait aussi des polygames, qui ont accepté ce mode de vie.
Les hommes choisis selon les préférences des candidates sont soumis à l’appréciation des autorités coutumières avant toute cohabitation pendant une période bien déterminée ne dépassant pas dix ans. L’âge entre en première ligne parmi les critères de sélection au niveau du Chef du village qui a le dernier mot sur la polyandre. Celle-ci avait un délai allant de 2 semaines à un mois pour découvrir ses époux dont le nombre ne dépassait pas 3 avec lesquels elle restait dans une même habitation en organisant la demeure selon la manière du chef de la maison.
La décision finale de cohabiter revient au cours d’une cérémonie solennelle présidée par le chef de la contrée qui consulte les fameux maris en présence de la dame. Si parmi les hommes retenus, il y a des polygames, il leur est dit séance tenante de rester aussi à la disposition de leurs femmes respectives.
Les différentes instructions transmises sont respectées à la lettre. Cette pratique a été encouragée, à en croire un vieux Lele qui est resté en contact avec son milieu en dépit de son départ du coin, pour éviter la prostitution avec les femmes d’autrui. Il a eu l’occasion d’assister à ce genre de mariages à Mampangu, l’un des 3 secteurs à dominance Lele situé à 40 Km d’Ilebo, ex Port-Francqui, comparativement à Malumalu, une entité cosmopolite.
Concentrés à Ilebo et Mweka, les Bashilele sont visibles à Dekese et à Tshikapa. Ils se sont aussi dilués chez les Bambunda à Idiofa dans la nouvelle province de Kwilu, issue du démembrement de l’ex Bandundu. La reprise annoncée des Huileries du Congo-belge qui ont fait la fierté des Lele réjouit tout ressortissant de ce coin. Leurs parlementaires qui se sont mobilisés pour intéresser des investisseurs anglais est sur les bouches des Lele qui se remémorent encore d’intenses trafics menés par les wagons de la SNCC transportant des huiles de palme vers plusieurs centres de consommation au Katanga.
En matière de gastronomie, la femme lele détient un secret particulier avec les courges ou lubala et les feuilles de manioc, une sorte de « libondo » qu’elle appelle « nkambi mwa hiholkot’o » sans oublier le «katadika»,un melange de diverses légumes,de la viande ,poisson,riz…
Par K.Kap







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