Présenté hier jeudi à l’Assemblée nationale : Le rapport d’activités de la CNDH contesté par des députés
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Ces élus du peuple reprochent à cette institution d’appui à la démocratie de n’avoir pas inséré dans ce document plusieurs cas de violation des droits de l’homme perpétrés en RD Congo depuis sa création en 2015
Des députés nationaux ont accusé, jeudi 10 mai, la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) d’avoir présenté un rapport incomplet de ses activités menées depuis sa création en 2015, lors d’une séance plénière de l’Assemblée nationale, organisée dans la salle des Congrès du Palais du Peuple, siège du Parlement de la République.
Premier intervenant, le député Boris Buku Laka a exprimé toute sa déception car, de son avis, le contenu du rapport présenté à l’Assemblée Plénière par le président de la CNDH, Mwamba Mushikonke, était différent de celui du texte mis à la disposition des élus nationaux. Il a émis le vœu de voir ce texte distribué également aux députés.
Boris Buku a demandé à la CNDH de donner son point de vue sur le procès Franck Diongo, la profanation des lieux de culte, la détention de la dépouille mortelle de Rossy Mukendi Tshimanga, un activiste des droits de l’homme abattu dimanche 25 février 2018 dans une paroisse catholique, lors d’une manifestation publique organisée par le Comité Laïc de Coordination (CLC) de l’Eglise Catholique, le dossier du député honoraire Gérard Mulumba en arrestation, les dernières révocations des magistrats, la rémunération des magistrats en fonction et, enfin, de présenter à la Représentation Nationale l’état des lieux des droits de l’homme en RD Congo.
« Si vous n’êtes pas en mesure de citer certaines situations, c’est que vous avez peur. Et si vous avez peur, eh ben… », a conclu Boris Buku.
Evaluation des droits de l’homme
Son collègue Lotana a, quant à lui, reproché à la CNDH de donner uniquement des informations relatives à son fonctionnement, au lieu de faire une évaluation de la situation des droits de l’homme afin de dégager des priorités. Il a invité la CNDH à mettre l’accent sur le renforcement des capacités de son personnel et à faire un effort pour s’implanter dans les contrées reculées du territoire national. John Kolela a également cité beaucoup de cas, comme celui des fosses communes de Maluku, dans la ville de Kinshasa.
Pour sa part, la députée Géneviève Inagosi a pris parti pour la CNDH. « Demander des comptes à la CNDH, c’est demander à un militaire des comptes quand vous l’avez envoyé au front sans munitions », s’est-elle exclamée. Elle a convié l’Assemblée Plénière à prendre l’engagement d’allouer à cette institution les moyens de sa politique. Géneviève Inagosi a recommandé à cette dernière de veiller à la vulgarisation de ses rapports d’activités.
Moyens insuffisants
Ces réactions ont suivi l’exposé de Mwamba Mushikonke qui s’est appesanti sur trois axes. Concernant les domaines d’activités de son institution, le président de la CNDH a fourni des détails sur les enquêtes réalisées dans différentes zones d’insécurité, comme l’espace du grand Kasaï ; sur les visites des prisons où son plaidoyer a permis la libération de plus de 300 personnes illégalement détenues, etc ; sur le monitoring des manifestations publiques et sur le traitement des plaintes relatives aux violations des droits de l’homme, estimées à 3.900.
A propos des difficultés rencontrées, il a relevé celles d’ordre matériel et logistique, notamment l’insuffisance de moyens financiers, de véhicules pour le déplacement des agents, du personnel… Il a exprimé la détermination de la CNDH à accomplir sa mission.
Mwamba Mushikonke a finalement recommandé au Président de la République de s’impliquer dans le processus d’opérationnalisation de la CNDH, de nommer les nouveaux magistrats…
A l’Assemblée nationale, il a recommandé de voter les lois sur les manifestations publiques, la liberté de la presse, les ONG de la société civile, l’accès à l’information…
Au Gouvernement de la République, Mwamba Mushikonke a recommandé de doter son institution d’un bâtiment devant abriter son siège, de véhicules des services pour la mobilité des agents, d’un budget conséquent, etc.
Il a affirmé que, sur un total de 229 recommandations adressées aux instances supérieures de l’Etat, seules 23 sont en cours d’exécution ; avant de solliciter un délai de 48 heures pour répondre aux préoccupations des députés.
Par Marcel Tshishiku






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