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Kongo Central : Le paludisme, tueur silencieux bien plus mortel que le VIH, la Covid-19 ou la rougeole !

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Kongo Central : Le paludisme, tueur silencieux bien plus mortel que le VIH, la Covid-19 ou la rougeole !

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Par Dieudonné Muaka Dimbi

Alors que les projecteurs sont souvent braqués sur des maladies dites «à potentiel épidémique», comme le VIH/Sida, la Covid-19 ou encore la rougeole, c’est une autre pathologie, plus ancienne et apparemment banalisée, qui continue de semer la mort dans la province du Kongo Central : le paludisme. Il tue plus que toutes les autres maladies réunies. Et pourtant, il semble susciter moins d’attention de la part des autorités sanitaires et des populations.

D’après des données sanitaires confidentielles obtenues auprès d’un agent de santé ayant requis l’anonymat, suite au refus catégorique du Médecin-Coordonnateur provincial du Programme National de Lutte contre le Paludisme (MCP-PNLP), qui a conditionné la remise des données par la présentation d’un ordre de mission que devrait d’abord lui brandir le journaliste, le paludisme reste la première cause de mortalité dans cette province.

Rien que pour le premier semestre de l’année en cours, 244.156 cas ont été notifiés dans les 31 zones de santé que compte le Kongo Central, avec 1.469 décès recensés. Des chiffres accablants, largement supérieurs aux cas de décès liés à d’autres maladies pourtant jugées très graves.

A titre exemplatif, 605 nouveaux cas de séropositivité au VIH ont été identifiés durant la même période, et 534 patients mis sous traitement antirétroviral ; soit un total des malades sous traitement, anciens et nouveaux cas, de 9.315 avec 140 décès. Ces statistiques ont été fournies de manière transparente par le Docteur Vicky Mabiala Bonde, Médecin-Coordonnateur provincial du Programme National de Lutte contre le VIH/Sida et les infections sexuellement transmissibles (MCP-PNLS).

Une maladie évitable mais négligée

Maladie parasitaire transmise par les piqûres des moustiques anophèles infectés par le plasmodium, le paludisme peut pourtant être évité de justesse. Les mesures de prévention sont depuis connues de tous : porter des vêtements couvrant le soir les parties du corps exposées, utiliser des moustiquaires imprégnées d’insecticides, protéger les berceaux avec de la mousseline, poser des grillages aux fenêtres, tremper les rideaux dans de l’eau insecticide…etc. Autant de gestes simples mais trop peu appliqués.

En sus, les zones de Kwilu-Ngongo et Kimpese, situées toutes les deux dans l’ex-district des Cataractes, figurent parmi les plus touchées, avec une prévalence inquiétante.
Autre sujet d’inquiétude : la résistance accrue du parasite aux insecticides de plus en plus inefficaces. Cette évolution rend la lutte encore plus complexe et urgente.

Face à cette situation, les professionnels de la santé appellent à la mise en œuvre rapide de nouvelles stratégies de lutte. Ils réclament, en plus de l’utilisation rapide du vaccin antipaludique, des campagnes de sensibilisation massives. Notamment dans les localités à risque, ainsi qu’un appui gouvernemental renforcé pour la recherche des solutions innovantes.

Une urgence de santé publique

Le paludisme n’est pas une fatalité. Avec la volonté politique affirmée, une mobilisation communautaire et une prise de conscience collective, le Kongo Central pourrait inverser la tendance.

En attendant, il est plus que jamais nécessaire que chaque famille joue un rôle prépondérant dans cette lutte. Notamment en éliminant les gîtes larvaires autour des habitations. Car, le paludisme dans cette province n’est pas seulement une maladie, mais plutôt une urgence de santé publique que l’on ne peut ignorer.