Les parents appelés à traiter filles et garçons sur le même pied d’égalité
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Les résultats des enquêtes indiquent que les tâches ménagères sont essentiellement confiées aux filles alors que les garçons en sont exemptés
La communauté internationale a commémoré le 11 octobre 2016 la Journée internationale de la jeune fille qui a pour thème » Progrès pour les filles=Progrès des objectifs « . C’est dans ce cadre que la Directrice du service national Femme et Développement au ministère national de la Femme, Famille et Enfant, Mme Adrienne Binwana, s’est confié récemment à La Tempête des Tropiques.
Lors de cet entretien, Mme Binwana a lancé un vibrant appel aux parents de la RDC pour qu’ils traitent leurs enfants, filles et garçons, sur le même pied d’égalité, sans discrimination. Elle demande aux parents de ne pas privilégier les garçons au détriment des filles, car la loi en RD Congo condamne la discrimination.
» Il est constaté malheureusement en RDC « , fait-elle remarquer, » que les parents entretiennent la discrimination et les inégalités en privilégiant les garçons et en négligeant les filles. Il est constaté que quand les enfants reviennent de l’école, les filles sont commises à l’exécution des tâches ménagères et domestiques pendant les garçons vont jouer « , a-t-elle indiqué.
En dehors de son temps de jeu, le garçon a la possibilité de revoir la matière apprise à l’école alors que la fille ne le fait pas à cause des travaux domestiques qu’elle exécute. C’est l’une des causes des échecs scolaires des filles.
Adrienne Binwana explique que la Journée internationale de la jeune fille a été instituée par les Nations Unies à l’initiative de l’ONG canadienne » Plan international » qui milite pour la défense des droits des filles dans le monde. L’objectif de cette Journée, nous dit-elle, est de sensibiliser l’opinion aux inégalités dont les filles sont victimes.
Elle déplore le fait que les filles souffrent de certaines inégalités concernant notamment l’accès à l’éducation, l’accès aux soins et à la nutrition, les violences basées sur le genre, les mariages avant l’âge légal et divers phénomènes qui avilissent le statut de la fille. On essaie de sensibiliser les communautés pour qu’il soit mis fin à toutes ces discriminations.
La situation des filles demeure préoccupante en RDC et dans le monde
Selon le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), par rapport aux garçons de leur âge, les filles âgées de 5 à 14 ans consacrent 40 % de temps en plus, ou 160 millions d’heures supplémentaires par jour, à des tâches ménagères non rémunérées ainsi qu’à la collecte de l’eau et du bois. Ces chiffres sont contenus dans un rapport publié par l’UNICEF à la veille de la Journée internationale de la fille, célébrée le 11 octobre.
En République Démocratique du Congo, la situation de la jeune fille demeure préoccupante au regard des violences de toutes sortes dont elle est victime, indique l’UNICEF. Malgré l’adoption de la Loi Portant Protection de l’Enfant en 2009, les jeunes et les petites filles sont encore victimes de violences basées sur le genre, particulièrement le mariage d’enfants et le travail domestique.
L’Enquête Démographique et de Santé (EDS 2013-2014) révèle que 43 % de femmes sont en union avant l’âge de 18 ans, 27% de filles de 15 à 19 ans sont enceintes. Parmi les femmes actuellement âgées de 25 à 49 ans, 24 % avaient déjà eu des rapports sexuels avant d’atteindre 15 ans, 65 % avant d’atteindre 18 ans.
L’EDS renseigne encore que de nombreuses filles sont appelées à accomplir des tâches ménagères et que cette situation met en péril leur scolarité. Plus d’une fille sur 10 de plus de 12 ans accomplit des tâches domestiques pendant plus de 28 heures, alors que la proportion chez les garçons est de moins de 3 %.
Aujourd’hui, avec la Loi modifiant et complétant la Loi N°87-010 du 1er Août 1987 portant Code de la Famille, l’espoir est permis. Cette nouvelle loi apporte plusieurs innovations en faveur des enfants, en particulier de la jeune fille. Le Code de la Famille a entre autres rehaussé l’âge légale du mariage d’enfants, de 16 à 18 ans. Ceci est une avancée importante dans la lutte contre le mariage d’enfants.
Par N.T.








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