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Kongo Central : Les autochtones de Muanda accusent PERENCO de polluer leur environnement

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Kongo Central : Les autochtones de Muanda accusent PERENCO de polluer leur environnement

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Par Dieudonné Muaka Dimbi

Un nouveau bras de fer oppose les populations autochtones du territoire de Muanda, dans la province du Kongo Central, à la société PERENCO, unique productrice de pétrole en République Démocratique du Congo, depuis plus de 50 ans, qui exploite des champs pétroliers et gaziers onshore et offshore dans la zone côtière de Muanda.

Les communautés locales, soutenues par certaines organisations non-gouvernementales dénoncent une exploitation jugée abusive des terres mises à disposition, ainsi qu’un non-respect présumé des engagements contractuels liant l’Etat congolais à la compagnie.

Parmi les faits évoqués figurent notamment des déversements du pétrole sur les terres agricoles ; l’enfouissement de déchets toxiques dans les fosses non aménagées et le torchage du gaz naturel.

Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, ces pratiques auraient des conséquences désastreuses sur l’écosystème local, notamment la dégradation des sols devenus de moins en moins fertiles. Une situation alarmante dans une région où l’agriculture constitue la principale source de subsistance. Au-delà de l’environnement, les habitants pointent également des effets néfastes sur leur santé.

Des cas récurrents de maladies respiratoires seraient observés dans les structures sanitaires locales, alimentant davantage la colère des populations qui estiment payer le prix fort de l’exploitation pétrolière.

Se sentant lésées et abandonnées, les populations de Muanda affirment ne plus bénéficier des retombées de l’exploitation de leurs ressources naturelles.

Révision ou résiliation du contrat

Elles appellent ainsi le Gouvernement de la République Démocratique du Congo à revoir, voire résilier, le contrat qui le lie à PERENCO, estimant que celui-ci ne favorise pas leur développement.

Pour ces communautés, l’exploitation pétrolière dans cette région côtière devrait être un levier de croissance locale, et non une source de précarité et de dégradation environnementale.

Face à persistance du conflit, plusieurs observateurs préconisent l’ouverture d’un dialogue inclusif réunissant les représentants des communautés locales ; la société PERENCO ; les autorités congolaises ainsi que les partenaires internationaux concernés.

L’objectif serait de réexaminer les clauses du contrat, voire de renégocier un nouvel accord garantissant des bénéfices équitables et durables pour toutes les parties. De son côté, PERENCO rejette les accusations de manquement à ses obligations contractuelles. L’entreprise affirme respecter les normes en vigueur et met en garde les actions sociales menées, selon elle, en faveur des populations locales.

PERENCO appelle également à plus de « sincérité » dans les échanges, estimant que ses efforts en matière de développement communautaire, ne sont pas suffisamment reconnus.