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Coupes humanitaires : au moins un million de femmes privées d’un soutien essentiel

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Coupes humanitaires : au moins un million de femmes privées d’un soutien essentiel

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Par TSM

Alors que les conflits armés continuent de s’intensifier, les organisations dirigées par des femmes, qui fournissent des services essentiels aux femmes et aux filles dans les crises, se retrouvent au bord de l’effondrement. Dans un nouveau rapport publié par ONU Femmes le 10 juillet 2026, l’organisation  » Beyond the Breaking Point  » (Au-delà du point de rupture) alerte sur les effets des coupes budgétaires dans l’aide humanitaire : depuis janvier 2025, au moins un million de femmes et de jeunes filles n’ont plus accès à un soutien vital.

Le rapport s’appuie sur les retours de 855 organisations dirigées par des femmes et d’organisations de défense des droits des femmes, présentes dans 52 pays touchés par des crises et des conflits. Il met en évidence un décalage dangereux entre l’augmentation des besoins et la capacité réelle des structures à y répondre.

 » Les organisations de femmes menacées de fermeture sont en première ligne face aux crises humanitaires les plus graves. Elles agissent là où les acteurs internationaux ne peuvent pas se déployer, et restent aux côtés des communautés bien après que l’attention mondiale se détourne « , souligne Sofia Calltorp, cheffe de l’action humanitaire à ONU Femmes. Elle ajoute :  » Chaque dollar retiré aux organisations de femmes signifie moins de protection et moins de solutions pour les victimes de violences sexuelles liées aux conflits, pour les mères déplacées, pour les filles contraintes de quitter l’école – et pour les communautés qui cherchent simplement à survivre « .

Une demande en hausse des moyens qui s’effondrent

Selon le communiqué de presse de l’ONU Femmes, le rapport a révélé que 84 % des organisations interrogées indiquent que la demande pour leurs services a augmenté depuis janvier 2025. Près de neuf organisations sur dix déclarent ne plus être en mesure de répondre aux besoins actuels. Dans le même temps, deux organisations interrogées sur cinq s’attendent à devoir cesser temporairement ou définitivement leurs activités au cours de l’année à venir.

Ces fermetures s’aggravent pendant que les besoins atteignent des niveaux historiques : 120 millions de femmes et de filles nécessitent une aide humanitaire et une protection. Sur le terrain, l’impact se traduit par des décisions douloureuses et par une dégradation progressive des services.

Des équipes épuisées et des services réduits

Pour maintenir leurs actions, les femmes qui dirigent ou travaillent au sein de ces organisations consentent des sacrifices considérables : 65 % du personnel déclarent travailler bénévolement.

Près de la moitié des organisations rapportent une montée de l’épuisement professionnel, et la grande majorité constate une détérioration de la santé mentale des femmes et des filles accompagnées.

Déjà, les conséquences sont visibles : la moitié des organisations a mis en place des listes d’attente ou refuse désormais l’accès aux femmes et aux filles qui en auraient besoin. La pauvreté augmente selon 92 % des organisations, tandis que 82 % observent une hausse du nombre de filles déscolarisées. Dans les régions les plus difficiles d’accès, près de deux tiers des organisations ont réduit leurs services.

Violence de genre en hausse, protection fragilisée

Alors que les mécanismes de protection se déstabilisent, 86 % des organisations indiquent que la violence fondée sur le genre augmente dans les communautés qu’elles soutiennent. 62 % précisent que les lieux d’accueil ne sont plus disponibles ou ont été fortement réduits, laissant les victimes sans alternatives concrètes.

Le rapport souligne ainsi des scénarios de conséquences immédiates : une femme cherchant refuge peut se voir refuser l’accès faute de centre ouvert ; une femme enceinte peut devoir parcourir de longues distances pour rejoindre un service de santé ; une mère peut être privée d’aide alimentaire pour ses enfants.

Un recul qui dépasse l’humanitaire

Au-delà de la crise immédiate, le démantèlement des organisations de femmes s’inscrit dans un contexte plus large de recul des droits des femmes. Une organisation sur cinq a déjà suspendu ses activités de promotion du leadership et de l’égalité des sexes. Plus de la moitié constate également une baisse de la participation des femmes aux postes de décision au niveau local.

ONU Femmes a appelé à un investissement durable en faveur des organisations de femmes, décrites comme des actrices indispensables, premières intervenantes et défenseures des droits, contribuant aussi à la paix et à la reconstruction.  » Sans action immédiate, les organisations qui ont permis aux femmes et aux filles de traverser les pires crises du monde risquent de devenir les prochaines victimes de la guerre « , conclut Mme Calltorp.