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Protocole de désarmement, démobilisation et cantonnement initié par Kinshasa : Kigali s’oppose au rapatriement des FDLR

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Protocole de désarmement, démobilisation et cantonnement initié par Kinshasa : Kigali s’oppose au rapatriement des FDLR

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Par Marcel Tshishiku

Le Gouvernement rwandais a officiellement rejeté le protocole de désarmement, de démobilisation et de cantonnement signé par les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et la RDC, à l’initiative de l’exécutif national congolais. Kigali a ainsi réagi par l’entremise de son ministre des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe.
 » La signature de ce prétendu protocole entre le père (Gouvernement congolais), le fils (FDLR), et le mauvais esprit (l’idéologie du génocide) n’est en rien conforme aux accords de Washington, qui ne le prévoit nulle part.

Et pour cause, les génocidaires FDLR ne sont pas une partie à ces accords; ils en sont plutôt l’objet. Il s’agit donc ici d’une grossière manipulation de Kinshasa et de ses suppôts, d’une manœuvre dilatoire de la RDC pour essayer de s’extirper de son obligation sécuritaire principale qui, selon le Concept des opérations (CONOPS) et son Ordre opérationnel (OPORD), devait être accomplie dans une période de 90 jours « , a insisté le régime de Paul Kagame.

A en croire des analystes, Kigali prétexte d’une fin de non-recevoir pour justifier le maintien de ses troupes sur le sol congolais en violation flagrante des instruments juridiques internationaux.

Pourtant, à la lumière de l’accord de paix de Washington signé par les deux pays sous la supervision de l’Administration Trump, cette opération devrait être menée en deux phases, notamment : la sensibilisation et le rapatriement ou la démobilisation volontaire, et la force à travers des actions militaires ciblées si la voie pacifique n’aboutit pas. Mais, le Rwanda impose une surenchère, fermant toute issue négociée avec ces rebelles.

Un engagement sécuritaire obligatoire pour la RDC

Dans cette optique, l’accord de paix de Washington fait de la neutralisation des FDLR un engagement sécuritaire majeur et obligatoire pour la République Démocratique du Congo, précisant que cet engagement de la RDC envers les FDLR constitue la contrepartie directe des exigences imposées au Rwanda, notamment le retrait programmé des troupes rwandaises de l’Est de la RDC et la fin de son soutien au groupe terroriste du Mouvement du 23 Mars (M23) auquel s’ajoute l’Alliance Fleuve Congo (AFC) de Corneille Nangaa présenté, à tort ou à raison comme une marionnette du Président rwandais Paul Kagame.

De l’avis de Kigali, la procédure trouvée par la RDC pour régler ce dossier est un  » non-évènement « . Il accuse Kinshasa d’avoir,  » non seulement intensifié son soutien militaire aux FDLR, mais aussi accéléré l’organisation politique de ce mouvement génocidaire, en faisant appel à quelques politiciens liés à l’ancien régime rwandais et vivant en Europe, principalement Jean-Luc Habyarimana, Fabien Singaye, Thomas Nahimana et Thadée Kwitonda « .

Ces tergiversations nourries par Paul Kagame et son Gouvernement sont de nature à compromettre la mise en œuvre de l’accord de paix de Washington, tant attendue par les Congolaises et Congolais vivant dans les territoires et villes occupés par les troupes rwandais et leurs supplétifs de l(AFC/M23.

Elles font perdurer un statu quo profitable au Rwanda qui, poursuivant son offensive dans l’Est de la République Démocratique du Congo, s’approprie illégalement et blanchit des minerais extraits au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.