À travers des diatribes et une augmentation de son aide au M23 : Kagame veut torpiller les processus de Washington et de Doha !
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Par Armando MANANASI
Les organisations de défense des droits humains du Nord-Kivu, réunies à Beni, ont lancé, à travers un communiqué conjoint, une alerte nationale et internationale sur le mauvais rôle que le Rwanda continue à jouer dans la région des Grands lacs. Avec preuves à l’appui, ces organisations accusent le président rwandais Paul Kagame de mettre en œuvre » un nouveau plan de sabotage des processus de paix de Washington et de Doha » et de chercher à étendre les combats vers plusieurs provinces stratégiques de la RDC. Sur base des dernières sorties médiatiques du tyran de Kigali et de récentes actions que les rebelles de l’AFC/M23 ont menées sur terrain, les ONG affirment avoir réuni plusieurs éléments qui attestent à suffisance que le Rwanda veut saper à tout prix les efforts de paix en cours et poursuivre les opérations militaires pour tenter » de s’emparer d’autres villes de la RDC. Notamment les villes de Kalemie, Kindu et Kisangani « .
La fermeté de Kinshasa dérange
Le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, lors de son récent échange avec la diaspora congolaise vivant en Serbie, a réaffirmé que la RDC ne cédera aucune partie de son intégrité territoriale et de sa souveraineté, et qu’il n’y aura ni brassage ni mixage au sein de services de sécurité et de défense pour y intégrer des éléments issus de la rébellion du M23. Face à la fermeté ainsi affichée par Kinshasa, Paul Kagame a immédiatement réagi en émettant des réserves quant à la perspective d’un accord de paix entre son pays et la RDC en dépit de la signature de l’Accord annoncé pour le 04 décembre prochain à Washington devant Donald Trump et William Ruto, comme garants.
Pour le Président rwandais, les déclarations du Chef de l’Etat congolais, constituent » des conditions différentes » de celles qui ont été convenues à Washington.
Mettant en évidence les propos de Kagame qui démontrent ainsi son rôle de parrain des groupes armés qui sèment la mort dans l’Est de la RDC, les organisations de défense des droits humains de la province meurtrie du Nord-Kivu notent un changement tactique en cours sur le front. « Les combattants M23-AFC se retirent des premières lignes et laissent place aux militaires de la Force Spéciale Rwandaise, bien équipés pour poursuivre la conquête des villages et villes », ont-elles révélé.
Elles ajoutent que ces repositionnements visent à renforcer une stratégie militaire alors que Kigali » ne se sent pas en bonne position avec l’évolution des pourparlers de paix » à Washington et à Doha, tout en tentant « de ramener les cartes politiques à sa faveur »
L’aéroport de Goma également en ligne de mire
Alors que les populations de l’espace grand Kivu traversent actuellement l’une des pires crises humanitaires au monde, les ONG des droits de l’homme locales dénoncent l’attitude belliqueuse du président rwandais et son refus d’ouvrir l’aéroport international de Goma à l’aide humanitaire. En effet, lors d’une Conférence tenue à Paris, à l’initiative de la France, la communauté internationale a demandé au gouvernement congolais d’ouvrir l’aéroport international de Goma aux vols humanitaires, afin de faciliter la livraison des vivres, des médicaments et autres produits de première nécessité aux millions des déplacés de guerre.
En réaction contre cette résolution, Paul Kagame a indiqué que Kinshasa ne peut parler d’une réouverture dans un espace aérien qui n’est officiellement plus opérationnel ni sous son contrôle.
En manifestant ainsi une fois encore son rôle de parrain de l’AFC/M23, Kagame est allé jusqu’à ironiser que s’il contrôlait Goma, il ne le rendrait pas sans conditions et qu’il exigerait, en échange, que ses propres problèmes soient réglés (sic).
Les ONG des droits humains ne sont pas étonnées de voir que c’est cette position officielle que les responsables de l’AFC/M23 ont adoptée en rejetant la nouvelle opérationnalisation des infrastructures aéroportuaires de Goma.
Des nouvelles sanctions et un suivi rigoureux recommandés
Face à cette attitude nocive du dirigeant rwandais, les défenseurs des droits humains appellent le gouvernement congolais, le Conseil de Sécurité de l’ONU, les États-Unis, l’Union Européenne, l’Union Africaine et le Qatar à utiliser « tous les leviers diplomatiques pour obtenir le retrait immédiat et inconditionnel des troupes rwandaises du territoire congolais » et à prendre » des mesures vigoureuses pour empêcher Kigali de saboter les processus de paix en cours « .
Un suivi rigoureux dans l’application de chaque mécanisme prévu par les documents signés à Doha et Washington par les représentants de Kagame, a également été recommandé, afin d’éviter que le dirigeant rwandais se rétracte et change de position comme il le fait souvent au détriment de la paix et du bien-vivre ensemble dans la région des grands lacs.





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