Alors que le cessez-le-feu en RDC reste fragile : Jean-Pierre Lacroix à Kinshasa pour pousser au Dialogue
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Par DMK
Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies en charge des opérations de maintien de la paix, le Français Jean-Pierre Lacroix, est en visite de travail à Kinshasa depuis le dimanche 8 février 2026. Ce haut fonctionnaire de l’ONU mettra à profit son séjour dans la capitale congolaise pour rencontrer le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, avant d’échanger avec la classe politique, la société civile, ainsi que les confessions religieuses, et sauver les précieux acquis des négociations de paix de Washington et de Doha.
Ces négociations, on le sait, ont permis à la République Démocratique du Congo de franchir un pas important vers la restauration d’une paix durable dans l’Est de son territoire ravagé par plus de vingt ans de guerre, d’atrocités et de pillage des ressources naturelles. Ces acquis sont notamment l’accord de paix signé entre la RDC et le Rwanda sous la médiation de l’administration Trump, et le cessez-le-feu encore précaire observé par l’Armée congolaise et les rebelles de l’AFC/M 23, en vue d’un Dialogue voulu inclusif.
Pendant deux jours, le numéro 2 de l’ONU va, non seulement écouter les différents acteurs concernés par cette crise, mais aussi tenter de convaincre ces derniers à s’engager dans un Dialogue sincère et inclusif, en dépit des divergences affichées par les uns et les autres sur ledit forum.
La visite de Jean-Pierre Lacroix à Kinshasa intervient dans un contexte particulièrement difficile, marqué notamment par les difficultés d’ordre budgétaire auxquelles sont confrontées les Nations Unies, suite à la suspension des contributions américaines aux actions de l’ONU, sur décision du Président Donald Trump. Une situation financière qui vient d’obliger l’Afrique du Sud à retirer ses 700 casques bleus de la Mission onusienne pour la stabilisation de la RDC (MONUSCO).
Reconfiguration de la MONUSCO
Les indicateurs financiers de l’ONU étant pratiquement au rouge, les hautes instances onusiennes envisageraient déjà une reconfiguration de la MONUSCO au regard de la conjoncture actuelle, alors que la situation sécuritaire et humanitaire dans l’est de la RDC reste inquiétante et alarmante.
Pour faire avancer les choses malgré ce tableau sombre concernant l’Est du Congo, l’ONU voudrait bien jouer sa partition dans la mission d’observation du cessez-le-feu que le Gouvernement et les rebelles soutenus par le Rwanda se sont engagés de respecter.
Tous ces sujets seront sans doute abordés par le Secrétaire Général Adjoint de l’ONU avec ses hôtes au cours de ses consultations, tout en espérant que celles-ci ouvriront la voie à la tenue du Dialogue politique réclamé par une partie de l’Opposition congolaise et certains partenaires de la RDC.
Perception du Dialogue
L’entretien du numéro 2 de l’ONU avec le Président Félix Tshisekedi devrait lui permettre de se faire une idée sur sa perception dudit Dialogue. Car, pour le Président congolais, ce forum, s’il doit avoir lieu, devra se tenir dans le respect strict des institutions républicaines légalement établies et sans remettre en cause les décisions prises par la justice congolaise. Une orientation que n’approuve pas l’opposition.
Après Kinshasa, Jean-Pierre Lacroix compte se rendre dans la ville de Béni, devenue le chef-lieu provisoire de la province du Nord-Kivu depuis la chute de Goma. Béni est aussi actuellement le centre opérationnel de la MONUSCO dans cette région épargnée par l’AFC/M23, mais ensanglantée par les attaques répétées des ADF, affiliées à l’État islamique.
A en croire des sources onusiennes, la visite du numéro 2 de l’ONU en RDC s’inscrit dans le cadre des entretiens stratégiques avec les autorités congolaises, dans un contexte marqué par la reconfiguration progressive de la présence de la MONUSCO dans le pays.
La rencontre entre Jean-Pierre Lacroix et Félix Tshisekedi, qui devait avoir lieu hier lundi, aurait été décalée de quelques heures, suite au déplacement que le Président congolais a effectué le même jour (en aller-retour) en Angola, sur l’invitation de son homologue angolais et président en exercice de l’Union Africaine.
Face à toutes ces tractations, tout porte à croire que le décor se met progressivement en place, pour la tenue d’un Dialogue politique en République Démocratique du Congo.
Il reste à savoir en quoi ce Forum sera différent de ceux que le pays avait précédemment organisés.





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