Affaires foncières : Des réseaux maffieux dans les filets de Lumeya
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Une lettre ouverte adressée au chef de l’Etat dénonce le cas Serge Bingoto
Depuis son arrivée au ministère des Affaires foncières, le ministre Lumeya fait de la lutte contre les réseaux maffieux son cheval de bataille. Des familles entières récupèrent leurs maisons et concessions spoliées depuis des années, grâce à l’implication personnelle de ce membre du gouvernement.
C’est dans cette même logique que le Conseil des successions Baindo Lomboto Antoinette, Litela Louise et Bingoto Mandoko na Mpeya, Me Ngoy Kayumba Bijou, a adressé une lettre ouverte au président de la République, Joseph Kabila, dont l’objet est « L’arrivée du ministre Lumeya, début des solutions au ministère des Affaires foncières contre les réseaux maffieux et de tripatouillages des certificats d’enregistrement d’autrui : Cas de Serge Bingoto ».
Dans cette correspondance, Me Ngoy Kayumba Bijou explique au président de la République qu’à la mort de Madame Baindo Londombo Antoinette le 28 août 2003, cette dernière a laissé quatre enfants, trois parcelles dont deux à Gombe et une à Ngaliema, couvertes chacune d’un certificat d’enregistrement.
« Toutes ces parcelles sont spoliées par Monsieur Serge Bingoto. Monsieur Mandoko Na Bongoyi Augustin, liquidateur judiciaire, a saisi le ministre des Affaires foncières pour leur réhabilitation. Lorsque le ministre des Affaires foncières demande de les rétablir aux noms et pour le compte des héritiers de 1ère catégorie, Serge Bingoto crie au scandale… ».
Me Ngoy Kayumba Bijou poursuit que Monsieur Mandoko Fania Maurice, liquidateur de la succession Litela Louise, a saisi le ministre des Affaires foncières, lui faisant part de la mort de Madame Litela Louise en date du 14 novembre 2012, laissant les titres de ces deux parcelles inscrites aux numéros 839 et 842 du plan cadastral de la commune de la Gombe, intactes.
Cette succession a été liquidée par le Bureau de successions de l’Hôtel de ville de Kinshasa, confirmé par le jugement RC 54.589/G du 23/12/2014 dont certificat d’appel n°471/2015. Trois ans après la mort de sa tante, « Serge Bingoto va initier deux actions contre elle ».
Après étude du dossier, le conseiller du ministre constate des irrégularités et fait rapport au ministre pour qu’on réhabilite les « vrais ayant droits », sur base du jugement RC 54.689/G et ceux RPNC 32.618 et RPNC 32.573, augmenté d’un jugement d’interprétation sous RC 9256/I, sur demande du conservateur en fonction, Katanga Pascal, « une décision non appelable juridiquement ».
Toujours selon cette correspondance, le ministre Lumeya a demandé à ses services de ne pas céder aux intimidations. « Serge Bingoto est actuellement poursuivi pour abus de confiance sous RP 26.761, dossier pendant devant le Tribunal de paix de Kinshasa/Ngaliema, faisant suite à l’instruction du PGR par sa lettre n°6916/D.023/31.247/PGR/TL/2013… ».
La lettre ouverte adressée au Président de la République poursuit que « Serge Bingoto utilise un arrêt déjà annulé RCA 21.981, comme seul et unique liquidateur de la succession au mépris de la décision judiciaire. Toutes les maisons de la succession Bingoto sont entre ses mains, alors que les sept filles ne bénéficient de rien ». Me Ngoy Kayumba Bijou sollicite, aux noms de ses clients, l’intervention du Président Kabila dans ce dossier, pour que justice soit faite.
Mise en valeur des concessions : un moratoire de 90 jours aux acquéreurs, les syndicalistes tirent la sonnette d’alarme Henry Basila Baelongandi, président de la délégation syndicale du secrétariat général au Commerce extérieur dit être surpris de la décision du ministre Lumeya demandant aux acquéreurs des concessions de les mettre en valeur, et qu’au cas contraire, ils risquent de les perdre. Pour ce syndicaliste, cette mesure ne sécurise ni les Congolais, ni leurs avoirs.
Car, parmi les personnes visées par cette mesure, figurent des pauvres fonctionnaires de l’Etat qui ont acquis leurs espaces grâce à leurs maigres salaires ainsi que des cotisations mensuelles. Et pour l’heure, ils ne sont pas encore capables de construire de grandes maisons dans le cadre de la mise en valeur en vue de se conformer à la mesure de Lumeya.
Henry Basila espère que le ministre des Affaires foncières revoie cette décision au regard des réalités en face. Il lui demande d’encourager ceux-là qui se sont dépassés jusqu’à acquérir une portion de terre dans le secteur qui est le sien.
Par LM





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