Liberté de la presse en RDC : JED dresse un rapport accablant : Près de 121 cas d’atteintes répertoriés en 2018
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Fidèle à sa tradition, Journaliste en Danger(JED), une organisation non gouvernementale de défense et de promotion de la liberté de presse en RD Congo a rendu public le vendredi 2 novembre 2018 son rapport annuel sur la liberté de la presse et d’expression en RDC. C’était au siège de JED, dans la commune de la Gombe, en présence des représentants des organisations professionnelles, des partenaires impliqués dans le secteur des médias, ainsi que des délégués des organes de régulation et d’auto régulation des médias en RDC.
Intitulé « Journalistes et médias sous pression: les élections de tous les dangers », ce document a fait état de 121 cas d’atteinte à la liberté de la presse répertoriés cette année. Pour le secrétaire général de JED, Tshivis Tshivuadi, la la perspective des élections présidentielles du 23 décembre prochain accroît les menaces contre les journalistes.
A côté des violences physiques, JED note aussi les pressions que subissent les journalistes dans l’exercice de leurs métiers. La situation est inquiétante, a insisté Tshivuadi, au regard des statistiques publiées par son organisation. Dans ces 121 cas, l’organisation signale qu’un journaliste est en détention à la prison centrale de Makala, 54 journalistes ont été arrêtés ou interpellés et 30 journalistes ont reçu des menaces directes. 37 cas de censures ont été exercés contre les médias.
Dans le cadre du plaidoyer, JED a exhorté les autorités congolaises à engager des réformes nécessaires dans le secteur des médias. Après le double assassinat de deux journalistes de RFI, Claude Verlon et Ghislaine Dupont, à Kidal, dans le Nord du Mali, l’Assemblée Générale des Nations unies a décrété la date du 2 novembre comme « Journée internationale pour la fin de l’impunité des crimes contre les journalistes à travers le monde ». JED, qui totalise 20 ans cette année, publie son rapport sur la liberté de presse et d’expression chaque le 2 novembre.
Un rapport rejeté par le Gouverneur Alphonse Ngoyi Kasanji
Cité dans le rapport de JED comme l’un des bourreaux de la presse en 2018, le gouverneur du Kasaï Oriental, Alphonse Ngoyi Kasanji, n’a pas attendu longtemps pour réagir au contenu de ce document. Dans une correspondance publiée le samedi 3 Novembre 2018, l’homme a tenu à préciser que l’action en justice contre Eliezer Ntambwe, animateur de l’émission « Tokomi wapi », n’était pas un règlement de compte, ni encore moins une attaque contre les médias.
Selon lui, Ntambwe a diffusé dans son émission des propos non vérifiés, sur une affaire d’extorsion de diamant portant atteinte à sa personnalité. « Comme en 2017, Alphonse Ngoyi Kasanji est encore surpris, encore une fois par complaisance du rapport de JED qui le qualifie de bourreau de la presse congolaise «, a-t-il écrit.
Selon le gouverneur Ngoyi Kasanji, Eliezer Ntambwe a même été reconnu coupable par ses pairs de diffamations et imputations dommageables à son égard. « Au lieu de faire chaque fois des rapports iniques d’une part pour faire croire aux journalistes qu’ils sont au dessus de la loi et d’autres part pour justifier les nombreux financements obtenus à l’extérieur.
JED devrait plutôt s’investir en faveur du recyclage permanent des professionnels des médias congolais afin d’éviter que ces derniers retombent dans des cas de diffamation et de violation de la loi », a-t-il conclu JED, dans son rapport 2018, a repris 12 personnalités politiques considérées comme « bourreaux de la presse congolaise ».
Par GKM







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