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Sud-Kivu : le cessez-le-feu vole en éclats !

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Sud-Kivu : le cessez-le-feu vole en éclats !

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Par DMK

Le cessez-le-feu, annoncé unilatéralement à l’est de la RDC par les rebelles du M 23, soutenus militairement par le Rwanda, a volé en éclats. Des sources concordantes font état de la reprise des combats, lundi 10 février, aux alentours d’Ihusi, localité située à une soixantaine de kilomètres de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu.

Ces violents combats opposant l’Armée nationale (FARDC) et ses alliés aux combattants du M 23 appuyés par l’armée rwandaise se sont poursuivis hier mardi 11 février au matin, occasionnant des pertes en vies humaines dont un officier burundais.

Cette reprise des hostilités intervient alors que le Sommet conjoint des chefs d’État de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique Australe (SADC), tenu samedi 8 février, en Tanzanie, a appelé à un « cessez-le-feu immédiat » dans l’est de la République Démocratique du Congo.

Selon des sources locales jointes par des médias, le M23 et ses alliés tenteraient de contourner une plantation appartenant à une société pharmaceutique située aux alentours d’Ihusi. La zone commerciale d’Ihusi se trouve dans le groupement de Mbinga-Sud, au sein de la chefferie de Buhavu, en territoire de Kalehe. Depuis le début de l’offensive, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées notamment par des militaires burundais, opposent une résistance et ripostent aux offensives du M23, soutenu notamment par l’armée rwandaise.

Encore des pertes en vies humaines

Selon différentes sources, les localités de Tshibandja, de Munanira, ainsi que la zone commerciale d’Ihusi et Kalehe-centre, restent sous contrôle des forces loyalistes, appuyées par les troupes burundaises. Quant aux rebelles du M23, ils occuperaient la localité de Muhongoze, située à environ quatre kilomètres de Kalehe-centre et à trois kilomètres d’Ihusi, maintenant ainsi la pression sur les positions de l’armée nationale (FARDC).

Des pertes en vies humaines ont été rapportées dans les deux camps. Des combats qui auraient même coûté la vie à un officier de l’armée burundaise qui prête main forte aux FARDC dans le cadre d’un accord de coopération conclu entre Kinshasa et Bujumbura.

Ces affrontements ont également provoqué un déplacement massif de la population. Plusieurs habitants ont fui la région depuis environ deux semaines. Certains parmi ces déplacés qui vivent dans des conditions très difficiles ont trouvé refuge sur l’île d’Ishovu, sur le lac Kivu, qui demeure sous le contrôle des FARDC.
La situation humanitaire continue donc à se dégrader dans l’Est de la RDC, suite à l’agression barbare dont le pays est victime de la part du régime sanguinaire de Kigali.

Des soldats jugés à Bukavu pour des crimes

C’est dans ce contexte très tendu qu’a débuté, lundi dernier, le procès de 84 soldats et éléments d’autodéfense, accusés de meurtres, de viols et d’autres crimes contre des civils dans la province du Sud-Kivu.

Ces prévenus sont accusés d’avoir fait irruption dans des maisons de civils dans plusieurs villages des territoires de Kabare et Kalehe, au Sud-Kivu. Certains témoignages font aussi état de viols commis sur des femmes et d’une douzaine de personnes tuées au cours de ces dérives, à en croire un des avocats des victimes cité par Associated Press.

Les soldats poursuivis pour ces crimes ont comparu devant un tribunal militaire, à Bukavu. La partie civile a requis la peine de mort pour tous les accusés.
Pour rappel, les combattants du M 23 et ceux de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), mouvement armé dirigé par Corneille Nangaa, un proche de l’ancien chef d’Etat Joseph Kabila, sont soutenus par quelque 4 000 soldats du Rwanda voisin. Un appui confirmé par plusieurs rapports des experts de l’Organisation des Nations Unies (ONU).

Selon l’ONU, le M 23 et l’AFC constituent le plus puissant des quelque 100 groupes armés actifs dans l’est de la République Démocratique du Congo dont les riches gisements miniers sont pillés par le Rwanda avec la complicité de certaines multinationales occidentales.