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Recensement général de la population : Le Sénat examine les enjeux stratégiques avec l’UNFPA

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Recensement général de la population : Le Sénat examine les enjeux stratégiques avec l’UNFPA

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Par Armando Mananasi

La République Démocratique du Congo s’apprête à corriger une  » anomalie structurelle  » qui dure depuis plus de quarante ans. Le Sénat a procédé, hier lundi 13 avril, à l’examen approfondi du projet de Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH). Devant les élus des élus, les représentants du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) et les responsables de l’Institut National de Statistique (INS) ont exposé l’urgence et le bien-fondé de cette opération souveraine pour la gouvernance du pays.

Pour les sénateurs, ce recensement constitue un chantier stratégique pour sortir le pays d’une gestion basée sur des  » bases incertaines « . En identifiant avec précision la structure de la population, l’État pourra mieux planifier les besoins essentiels en éducation, santé et infrastructures. Ce projet doit également permettre d’anticiper les défis liés à l’urbanisation rapide, au changement climatique et de renforcer la lutte contre les violences basées sur le genre. L’objectif ultime est de passer d’un événement isolé à un système statistique moderne, fiable et pérenne.

L’exigence de souveraineté et d’efficacité opérationnelle

Plusieurs sénateurs, dont Faustin Luanga, Jean Bamanisa Saïdi et Muya Muboyayi, ont interpellé les experts sur la gouvernance du processus. Une préoccupation majeure a été soulevée : comment garantir que ce recensement reste un acte de souveraineté nationale tout en bénéficiant de l’expertise internationale ? Les Sages ont insisté sur la nécessité de sécuriser l’opération dans les zones difficiles d’accès ou en proie à l’insécurité, afin de garantir l’exhaustivité des données sur l’ensemble du territoire national.

Le débat a également mis en lumière l’impératif de mutualisation pour éviter la  » fragmentation opérationnelle « . Les sénateurs ont plaidé pour une coordination étroite entre l’INS (Institut national des statistiques), l’Office National d’Identification de la Population (ONIP) et la CENI (Commission Électorale Nationale et Indépendante). Bien que le recensement (statistique) et l’identification (registre national nominatif) soient distincts, l’usage des mêmes bases logistiques et technologiques permettrait d’optimiser les budgets et d’éviter les doubles emplois.

La Chambre haute a rappelé son rôle de garante de l’équité territoriale, exigeant que les résultats impactent réellement les politiques de péréquation et de transfert de ressources aux provinces. Les élus des élus ont recommandé la mise en place de mécanismes permettant une mise à jour régulière des données, afin d’éviter d’attendre plusieurs décennies pour obtenir de nouvelles statistiques.

Cette réforme doit permettre d’intégrer les données de recensement dans la budgétisation sectorielle, assurant ainsi que chaque décision publique repose sur une réalité démographique vérifiée et actualisée.

Nouvelle prorogation de l’état de siège

En marge de l’examen de ce projet de recensement, la chambre haute du Parlement s’est également penchée sur la situation sécuritaire dans la partie est du pays. Les sénateurs ont procédé à la prorogation de l’état de siège dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. Le vote a été sans équivoque, sur l’ensemble des votants, 72 sénateurs se sont prononcés pour, tandis que deux se sont abstenus. Aucun vote contre n’a été enregistré. Cette décision permet de maintenir le cadre juridique exceptionnel visant à restaurer la paix et l’autorité de l’État dans ces zones meurtries par les conflits armés.