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Alerte de Human Right Watch : La répression se poursuit dans l’ombre et en toute impunité au Burundi

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Alerte de Human Right Watch : La répression se poursuit dans l’ombre et en toute impunité au Burundi

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 L’UA appelée à prendre ses responsabilités pour trouver une solution à la crise qui secoue ce pays depuis quatre ans

Quatre ans après qu’une crise des Droits humains généralisée a démarré au Burundi, cette situation est en train de devenir la norme, regrette Human Right Watch(HRW). L’Organisation de droit américain de défense et de promotion des Droits de l’homme à travers le monde exhorte l’Union africaine à prendre ses responsabilités pour trouver une solution à la crise qui secoue ce pays depuis quatre ans.

La crise burundaise a commencé le 25 avril 2015 quand le Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD, au pouvoir) annonça que, bien qu’arrivant au terme de son deuxième mandat, le président Pierre Nkurunziza serait candidat aux élections de juillet 2015.

« Cette décision controversée déclencha des manifestations généralisées dans la capitale, Bujumbura. Les autorités répondirent en réprimant les militants, les journalistes et les manifestants, et Pierre Nkurunziza fut réélu pour un troisième mandat, sur fond d’atteintes généralisées aux droits humains et dans un climat de peur », note HRW.

Depuis lors, l’organisation signale que  la répression menée par les agents du service de renseignement national et les jeunes proches du CNDD-FDD s’est enracinée. Toute personne suspectée d’être opposée au parti au pouvoir est devenue une cible, regrette l’association. Quatre ans se sont écoulés et les perspectives sont moroses, alors que l’élection présidentielle de 2020 approche à grands pas. Bien que la répression ne soit pas aussi visible qu’aux premiers jours, elle est aussi brutale et a lieu en toute impunité, alerte HRW.

Prison à ciel ouvert

A Bujumbura lorsque les responsables administratifs locaux identifient des partisans du CNL, ceux-ci sont rapidement arrêtés et accusés de participer à des réunions « illégales ». Selon HRW, les membres des Imbonerakure orchestrent ces arrestations et « ce sont eux que les autorités judiciaires écoutent ». Les rapports quotidiens publiés par les groupes d’observateurs locaux laissent entendre que c’est une pratique généralisée.

Les piliers fondamentaux de l’État de droit – y compris un système de justice qui peut fonctionner sans interférences politiques  sont gravement menacés au Burundi. Des avocats et des juges ont évoqué à plusieurs reprises l’influence des responsables du CNDD-FDD sur le système judiciaire aux niveaux local, provincial et national.

Des défenseurs des droits humains ont fui ou ont subi une forte pression à l’intérieur du pays. Il y a un an, un militant célèbre, Germain Rukuki, a été condamné à trente-deux ans de prison pour « rébellion », entre autres chefs d’inculpation. Il a été jugé en lien avec son travail avec l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT-Burundi), désormais interdite. Son procès en appel qui devait avoir lieu le 25 avril après plusieurs mois de retard, a été reporté indéfiniment. Le militant est donc toujours en détention et son avenir demeure incertain.

L’espoir repose sur l’UA

Dans ce pays, les Burundais expriment une frustration grandissante face au fardeau économique croissant de la crise et aux contributions forcées, collectées notamment pour financer l’élection de 2020. Un an avant le vote, l’impunité est susceptible d’attiser davantage les violences et la répression contre les opposants politiques. Les abus commis au Burundi ont lieu essentiellement dans l’ombre. Le gouvernement fait tout ce qu’il peut pour dissimuler la vérité en faisant taire les dissidents.

« L’Union africaine (UA) doit prendre ses responsabilités pour trouver une solution à la situation des droits humains au Burundi. Ses observateurs sont présents dans le pays depuis 2016, mais leur accord d’intervention n’est pas clair et leurs rapports ne sont pas rendus publics. Alors que le bureau du Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, la société civile et les médias indépendants ont été écartés, les agents de l’UA constituent la seule mission d’observateurs externes – bien que réduite  ayant accès au Burundi », tance HRW.

Face à une intensification de la crise qui se profile à l’horizon, HRW estime que l’UA devrait s’assurer que la vérité sur les violations des droits au Burundi éclate au grand jour et prendre davantage de mesures pour tenter de résoudre la situation avant 2020.

Par GKM

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