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La suspension de l’aide américaine affecte les opérations humanitaires en RDC

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La suspension de l’aide américaine affecte les opérations humanitaires en RDC

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Par N.T.

Depuis le 20 janvier 2025, le nouveau Président américain Donald Trump, a décidé de suspendre tous les programmes d’aide étrangère des États-Unis pour une durée de trois mois, à l’exception de l’aide alimentaire d’urgence et de l’assistance militaire à destination d’Israël et de l’Égypte. Cette aide américaine à travers le monde s’élève chaque année à au moins 40 milliards de dollars us.

En 2024, la RDC a été l’un des premiers bénéficiaires au monde de l’aide octroyée par Washington, qui y finance 70 % des opérations humanitaires, à travers l’USAID (agence américaine pour le développement international), certaines agences de l’ONU et certaines ONG internationales et nationales. La conséquence directe, selon M. Lemarquis, est que les opérations de plusieurs agences de l’ONU et ONG internationales sur le terrain étaient  » gravement affectées, voire interrompues « . La RDC est l’un des pays les plus dépendants de l’aide américaine.

Alors que la situation dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) demeure extrêmement volatile, le coordonnateur humanitaire des Nations Unies en RDC a déploré, mardi, les conséquences pour le pays de la suspension de l’aide internationale américaine, dont dépendent près de trois quarts des opérations humanitaires.

Invité du point de presse quotidien de l’ONU, à New York, le Coordinateur humanitaire en RDC, Bruno Lemarquis, qui est intervenu par visioconférence à partir de Kinshasa, a rappelé que l’Est du pays est actuellement en proie à une escalade des affrontements armés, des déplacements massifs et une insécurité croissante dans les deux provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Selon l’ONU, la prise de Goma le 27 janvier dernier par l’Armée rwandaise et ses supplétifs de la rébellion du M23 s’est accompagnée de combats intenses à l’intérieur de la métropole, qui ont causé la mort d’au moins 2.900 personnes et fait de nombreux blessés.

À Goma, le haut responsable de la Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) a indiqué que la situation demeurait tendue, en raison de l’occupation de la ville par le M23. Toutefois, il a noté une amélioration de la situation sécuritaire dans plusieurs zones de la ville.

Dans le contexte actuel de prolifération des armes légères à Goma, M. Lemarquis a malgré tout fait état de rapports concernant des pillages de tribunaux et le recours par certains habitants à la justice populaire.

Il a également signalé que plusieurs défenseurs des droits humains spécialisés dans les violences sexuelles et le genre, ainsi que des journalistes, feraient l’objet de menaces persistantes et seraient victimes de disparitions forcées et d’exécutions sommaires.

La situation humanitaire demeure préoccupante

M. Lemarquis a indiqué qu’une grande partie de la population de Goma est confrontée à une situation humanitaire difficile.
Selon lui, les services essentiels de la ville ne sont pas pleinement opérationnels, notamment l’eau et l’électricité, ce qui a conduit de nombreuses personnes à consommer directement l’eau du lac Kivu, au risque de contracter des maladies. Cependant, il a noté que des travaux sont en cours pour rétablir l’électricité et l’approvisionnement en eau dans les prochains jours.

Les écoles ont également rouvert leurs portes, le 10 février, avec très peu d’élèves, après une suspension de deux semaines. De nombreux enseignants sont dans l’incertitude concernant leur statut sous le contrôle du M23.

Quant aux hôpitaux de Goma, ils sont toujours débordés. Les morgues sont saturées et il y a une pénurie de médicaments et de fournitures médicales.
Dans ce contexte, le Coordonnateur humanitaire s’est inquiété des risques élevés liés à la propagation d’épidémies dans la ville, en particulier le choléra et le mpox (variole simienne). Face à l’augmentation des prix de la nourriture, il a ajouté que de plus en plus de personnes avaient besoin d’une aide alimentaire pour survivre.