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RDC : l’industrie du tabac demeure un véritable fantôme

Commerce ECONOMIE La Tempête des Tropiques

RDC : l’industrie du tabac demeure un véritable fantôme

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Une préoccupation, la taxation en vigueur, appliquée sur le commerce des produits du tabac, favorise plus la baisse du prix de la cigarette au lieu de l’augmenter pour décourager et diminuer le nombre des fumeurs!

L’industrie du tabac est le secteur qui n’a jamais connu de crise économique dans le monde. Les spécialistes, dans ce secteur, parlent d’un milliard de dollars américains qui sont versés chaque année dans la publicité à travers le monde pour les différents produits issus du tabac.

De nombreux Etats sont de grands bénéficiaires des recettes, près de 6% réalisées par ces industries du tabac, qu’ils prélèvent à travers les taxes et TVA (Taxe sur la valeur ajoutée), alors que ces industries ne se contentent que de 0,70%, a expliqué l’expert congolais dans la lutte contre la tabagisme, François Mutombo, au cours d’une conférence de presse organisée dernièrement à Kinshasa dans le cadre de la Journée mondiale sans tabac.

Ce qui préoccupe le plus, à l’heure actuelle, est que dans beaucoup de pays, les données financières sur l’industrie du tabac sont bien connues, alors qu’en RD Congo, cette industrie demeure un véritable fantôme. Ce qui fait que la situation de consommation du tabac demeure catastrophique sur le plan de santé dans le pays, à en croire de nombreux experts congolais dans la lutte contre le tabagisme.

Taxation favorisant l’industrie du tabac

Une autre préoccupation ce que, la taxation en vigueur en RDC, qui est appliquée sur le commerce des produits du tabac, favorise plus la baisse du prix de la cigarette au lieu de l’augmenter pour décourager et diminuer le nombre des fumeurs. Un expert a même expliqué que la taxation de ce côté est basée sur la valeur déclarée des produits de tabac. La conséquence ce que, l’industrie du tabac peut déclarer n’importe quelle valeur de ses produits. Ainsi, le montant qui doit être payé à l’Etat est, à cet effet, minoré.

 La situation actuelle fait que le prix du tabac n’augmente pas au grand plaisir de cette industrie du tabac opérant en RDC. Et pourtant, l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) a toujours indiqué que dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, une augmentation de taxes sur le tabac de 10% entraîne généralement une baisse de 8% de la consommation.

Non respect d’engagement

Pour rappel, 170 pays à travers le monde ont pris l’engagement, il y a quelques années, de mettre en place des mesures, notamment d’augmenter les taxes, pour décourager les industries du tabac. Un engagement que beaucoup de ces pays ne semblent respecter. Ces pays, comme la RD Congo, avaient pourtant ratifié en 2005 la Convention cadre de l’OMS sur la lutte antitabac.

Pour ce qui concerne, une fois de plus la RDC, aucune mesures adéquate n’a été prise qui protège la population contre l’épidémie du tabac, ne cessent déplorer ces nombreux experts en matière de lutte contre le tabac. Cela pendant que les chiffres avancent par l’OMS relèvent que 7 millions de personnes meurent chaque année du tabagisme. Il faut intégrer dans ce chiffre les victimes du tabagisme passif, soit ceux qui ne consomment pas la cigarette mais sont souvent aux côtés des fumeurs.

Aussi, l’industrie du tabac profite de la faiblesse de la législation de la RDC pour faire progresser ses affaires au détriment de la santé publique. C’est pourquoi, ces nombreux experts plaident pour le renforcement des mesures fiscales sur les produits du tabac par le vote d’une loi en vue de contrôler les produits toxiques, en prônant une taxation spécifique «basée sur le paquet ou le volume du tabac produit». Une législation qui saura influer sensiblement sur le prix du paquet des cigarettes et sur la consommation du tabac en RDC.

Situation du tabac ailleurs

  Un rapport d’un observatoire français des drogues et de toxicomanie, rendu public en 2015, a relevé dans ses résultats que le coût social du tabac en France se monte à 122 milliards d’euros annuels. Ainsi, les taxes perçues et les économies réalisées sur les retraites (non perçues du fait des décès prématurés liés au tabagisme) représentent au total 12 milliards d’euros.

Une somme négligeable au regard des 26 milliards d’euros de coût des soins, de 30 milliards d’euros de perte de qualité de vie ainsi que de 65 milliards d’euros correspondant à la valeur de chaque année de vie perdue par un individu (115 000 euros par an). Précisons que ce dernier chiffre, ne vise pas à calculer le prix d’une vie, mais plutôt à chiffrer les pertes annuelles liées à un décès en termes de production, de consommation, mais aussi en termes de conséquence affective pour les proches.

Par Lucien Kazadi T.

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